Laponie – Eté 2021

Crise sanitaire oblige, plus de 2 ans se sont écoulés depuis ma dernière publication…

Par « sécurité », nous avions décidé de ne pas prendre l’avion pour un voyage lointain. C’est donc une nouvelle fois le Grand Nord européen qui a eu notre faveur, d’autant plus que nous avions 1 mois pour faire l’aller-retour, contrairement aux 3 semaines habituelles. Nous en avons profité pour prendre notre temps, aussi bien pour monter, que sur place, au nord du cercle polaire. En effet, le kilométrage de 9500 km fut le même que lors de nos autres voyages en Laponie… 

Nous avons décalé notre voyage un peu plus tard en saison, pour profiter, des couleurs d’automne sur la toundra (la ruska) et nous n’avons pas été déçu ! Et comme nous avons pris notre temps, nous n’avons pas pu faire tout ce que nous avions prévu, d’autant plus que l’habituelle pluie norvégienne nous a poussé à redescendre vers la Suède un peu plus tôt.

La Laponie (Pays sámi pour les habitants originels) est située à cheval sur 4 pays : La Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie. La frontière russe étant difficilement franchissable, nous nous contentons des 3 états européens.

Avec le pass sanitaire, le franchissement des frontières n’a été qu’une formalité. Pas de contrôle à la frontière allemande mais ça a été plus sérieux au Danemark. Quant à la Suède, Finlande et Norvège, les contrôles ont été très succincts.

Nous sommes partis un dimanche pour éviter la circulation des poids lourds en Allemagne, mais les retours de vacances ont été plus pénalisants, avec de nombreux bouchons, les sempiternels travaux autoroutiers et plusieurs violents orages…

Ce sera le premier grand voyage pour notre ensemble pick-up + cellule amovible acheté 2 ans auparavant. Le Mazda BT50 de 2010 a au départ 142000 km. Quant à la cellule Nordstar qui date de 2001, elle va retrouver son pays d’origine, la Suède.


Dimanche 22 août : 1030 km

Nous démarrons cette très longue journée de route à 6h00 du matin, confiants par l’absence des camions sur les autoroutes. J’avais repéré une aire de CC au nord de Hambourg, pour éviter de traverser cette ville le lundi matin. La météo est incertaine au départ mais se dégrade en arrivant sur Francfort. La circulation acceptable au début se densifie au fur et à mesure de notre montée vers le nord. Les zones de travaux se multiplient et durent une dizaine de kilomètres à chaque fois, avec les bouchons que cela implique !

Comme à chaque traversée de l’Allemagne, le stress est intense… A chaque fois que la circulation s’éclaircit un peu, ce sont les grosses berlines et gros SUV qui déboulent à des vitesses pour lesquelles nous ne sommes pas habitués, surtout quand notre vitesse de croisière plafonne à 100 – 110 km/h en dehors des bouchons. Puis de violents orages viennent détremper le bitume allemand.

Nous traversons la métropole de Hambourg vers 18h pour enfin arriver au camping vers 20h00 après 14h00 de route (pauses comprises).

Le responsable du site nous indique dans un anglais tellement parfait que nous avons du mal à le comprendre. Toujours est-il qui nous demande notre pass sanitaire avant l’installation.

Lundi 23 août : 709 km

Au lever, nous sommes heureux de constater que le ciel est bien bleu. Nous en profitons pour faire un petit tout au lac situé tout près du camping. Puis nous rejoignons l’autoroute qui nous mène au Danemark. La circulation est moins dense que la veille et nous arrivons rapidement à la frontière danoise. Nous sommes détournés vers une grosse tente blanche où les douaniers scannent nos pass sanitaires et vérifient nos passeports.

Puis nous repartons en direction de Copenhague (København en Danois). Nous passons d’abord un tunnel sous la mer puis un viaduc payant. A l’approche de la capitale, des panneaux indiquent enfin Malmö et donc la Suède. Reste encore à traverser le célèbre pont de l’Øresund vedette de la série dano-suédoise « Bron ».

12 km séparent le Danemark de la Suède à cet endroit et la traversée est segmentée en 2, d’abord par un tunnel sous la mer puis par un très long viaduc. Coût de la traversée pour un CC : 65 € !

Nous pique-niquons aux abords de Malmø sur un site herbeux fréquenté mais silencieux, avec vue sur le viaduc.

Nous reprenons notre route en direction Jönköping. Nous stoppons à environ 30 kilomètres plus au sud au bord du lac de Fängen.

Cet endroit est indiqué sur le site de Park4night. Quand nous y arrivons, un fourgon allemand est déjà installé mais la place est suffisante pour 2 véhicules. On découvre les lieux et la jolie plage où nagent 2 canards. L’eau n’étant pas trop froide, on barbotte dans l’eau jusqu’aux genoux… Puis vient l’heure de l’apéro sur la plage ! On est loin de tout mais on entend quand même au loin l’autoroute. Accès par un chemin un peu chaotique qui nécessite une garde au sol pas trop basse.

Mardi 24 août : 624 km

Nous reprenons l’autoroute en direction de Jönköping, et près de la célèbre localité de Husqvarna, un accident de poids lourd nous ralentit quelques minutes. Le camion a traversé et basculé sur le toit en contre-bas, sur la voie inverse… Quid du chauffeur ???

Plus loin, nous nous écartons un peu de notre itinéraire pour aller revisiter Vadstena, une jolie petite ville au bord du lac de Vättern. Nous nous y étions arrêtés en 2006 et le soleil nous pousse à flâner dans les rues et le château.

Nous déjeunons à Askersund au nord et au bord du lac de Vättern. Le soleil se voile un peu mais la douceur nous permet de profiter encore de la table de pique-nique.

Nous retrouvons la pluie dans l’après-midi et c’est près de Hudiksvall que nous trouvons un bivouac pour passer la nuit au bout d’une bonne piste Nous sommes au bord de la mer Baltique mais la météo ne nous incite pas à profiter trop de l’extérieur. Malgré toutes les nombreuses heures de route nous poussent à aller marcher un peu sous la pluie…

Mercredi 25 août : 468 km

Encore une journée de transition et météo s’est plutôt dégradée. Pas grand-chose à voir alors pour nous dégourdir, nous allons faire quelques courses au Coop d’Umeå, puis nous allons visiter un Ikéa suédois, sans oublier le « magique » magasin de bricolage / camping / fournitures automobiles Biltema !

Nous traversons également une grosse zone de travaux où le bitume disparait pour laisser place à une piste géante ! La fatigue commence à se faire sentir et nous décidons de couper l’étape en 2. En effet au départ, nous avions prévu de rejoindre le nord du golfe de Botnie dans la soirée… ce sera donc pour demain.

Nous reprenons une route goudronnée en direction de Lövånger, puis vers la presqu’île de Bjüroklubb par une petite route étroite et enfin par une petite piste étroite, nous atteignons notre lieu de villégiature pour la nuit. Le vent souffle en tempête et la pluie continue de tomber : dommage car le lieu, en bord de mer, est magnifique…

La balade sera peut-être pour demain ???

Jeudi 26 août : 284 km

Ce matin, le vent souffle toujours fort mais la pluie s’est arrêtée, alors nous en profitons pour faire une balade dans les alentours et ça vaut le coup. Malgré la grisaille, les paysages marins sont vraiment jolis : plage de sable doré puis de longue grève de galets, cabane de vacances, goélands…

Mais il faut pense a y retourner car le lieu de bivouac du soir promet d’être sympa, d’autant plus que la météo annonce du beau temps pour l’après-midi.

Comme en 2006, nous retournons visiter Gammelstaden (village église), non loin de Luleå. Ce village de maison bois peintes en rouge de Falun a été construit au tour de l’église. C’étaient des paysans qui habitaient loin de l’église et comme il leur fallait une journée pour venir à l’office du dimanche, ils ont fini par construire de petites maisons, pour leur permettre de passer la nuit avant de rentrer chez eux. Ce village vaut le déplacement.

Le ciel bleu est enfin revenu quand nous arrivons par une jolie piste au bivouac. Nous sommes presque sur la plage et seul au monde, même si une maison (non habitée) trône dans les hauteurs. Au programme de l’après-midi : farniente, balade sur la plage et dans la forêt de pin.

On a du rater de peu le passage de 2 élans car des empreintes fraiches marquent le sable humide. On ramasse du bois pour le barbecue du soir. Au menu : hotdog arrosé d’un verre de vin rouge… enfin après l’apéro pris sur le sable. Les couleurs au coucher du soleil sont magnifiques. La doudoune ne sera pas de trop pour le repas et la veillée auprès du feu !

Vendredi 27 août : 332 km

Nous quittons avec regret cet emplacement mais il faut bien avancer.

Nous passons la frontière finlandaise à Tornio où nous faisons quelques courses (en euros) et visitons le centre de la ville située à cheval sur la frontière. Une foire internationale se tient dans les rues : 1 stand par pays et celui de la France est tenu par un italien ! Mais on retrouve notre bon Comté à + de 30 € le kg… 2 églises sont à voir dans la ville : une classique et une orthodoxe peu commune dans la région.

Le ciel est toujours d’un bleu azur et nous nous arrêtons pique-niquer sur un parking au bord de la route et en hauteur de la rivière Simojoki, faute de plus sauvage. Heureusement, les voitures sont rares. Dans l’après-midi, des démangeaisons au niveau des mollets vont commencer : de nombreuses piqures d’un insecte que l’on ne trouvera jamais vont me rendre les deux journées suivantes désagréables !

Rivières, lacs et forêts gigantesques agrémentent l’après-midi jusqu’à la piste qui nous emmène à la porte sud du Parc National d’Oulanka, non loin de Juuma. Nous nous installons sur un petit parking de gravier, un peu en pente.

Nous profitons du soleil pour faire une petite balade au bord du lac de Ala-Juumajärvi (Järvi = lac en finnois).

Pour le lendemain, nous avons prévu une randonnée de 12 km entre canyon, marais, forêts, lacs et rivières : c’est la rando balisée de Pieni Karkhukierros.

Samedi 28 août : 200 km

La rando ne devrait pas nous prendre beaucoup de temps mais on préfère emmener le pique-nique pour manger dans la nature. Comme nous pouvions l’espérer, les paysages sont vraiment magnifiques sous le soleil et représente tous les paysages qui existent en Finlande. En ce début de week-end, il y a pas mal de monde et beaucoup de familles.

Cela commence par un ancien moulin aux abords d’une rivière tantôt calme tantôt avec des rapides. D’ailleurs, nous assistons à une descente de rafts. Il y a des marais où la traversée se fait sur des poutres, des ponts de singes qui permettent d’enjamber la rivière, puis de grands escaliers de bois qui descendent dans le fond d’un canyon. Nous pique-niquons au-dessus d’une falaise avec vue sur la rivière désormais agitée. Des mésangeais volètent au-dessus de nos têtes et viennent quémander quelques miettes… Divers aménagements permettent aux familles de déjeuner à l’abri autour de barbecues que j’appellerai des cabanes à saucisses ! Nous terminons la balade en début d’après-midi.

Ca nous laisse du temps pour progresser vers notre prochaine destination. 10 km de piste longent le PN puis on rejoint une route goudronnée vers le nord puis vers l’est. On remonte vers le nord en longeant la frontière russe qui se trouve à une trentaine de kilomètres plus à l’est et en franchissant le cercle polaire qu’aucun panneau ne signale. Nous nous approchons de la frontière, à une dizaine de kilomètres, à Kotala. C’est vers Savukoski, bien à l’écart de la route, que nous stoppons pour la nuit, avec un joli coucher de soleil et une belle vue sur les lointaines montagnes.

Dimanche 29 août : 230 km

Nous retrouvons le bitume et la route de Tanhua. Le plus simple pour remonter vers le nord serait de reprendre la E75 en direction d’Ivalo (nous y étions passé il y a quelques années) mais nous décidons de nous rendre à Lokka pour voir le le Lokan Tekojärvi, très grand lac (315 km2 – le Léman fait 582 km2) qui est en fait une retenue d’eau… La route goudronnée traverse de vastes étendues marécageuses et tourbeuses, entrecoupées de forêts. Il faut toujours se méfier des rennes qui peuvent traverser inopinément devant la voiture !

Après une cinquantaine de kilomètre, nous arrivons dans la petite commune (par le nombre de maisons et non par la surface) de Lokka. Nous entreprenons une courte balade dans le « village » qui comprend quelques vieilles maisons en bois. Puis nous reprenons la route qui se transforme assez vite en une longue piste de 48 km, toujours dans les mêmes paysages de taïga. Le soleil chauffe encore bien alors nous nous arrêtons dans un petit renfoncement pour déjeuner au soleil. Après le repas, on entreprend la cueillette de myrtilles (enfin surtout Sylvie !). Nous les mélangerons plus tard à nos yaourts nature… un délice !

Puis la piste se poursuit jusqu’à retrouver la E75 à Yli-Kitinen. Comme il est difficile de trouver un endroit sauvage à l’écart de cet axe, nous utilisons à nouveau les services de l’application Park4night pour se poser pour la nuit : c’est un peu à l’écart de la route mais avec d’autres CC. Une petite balade nous entraine vers un petit lac entouré de blocs granitiques : sympa. 

 Lundi 30 août : 75 km

Ce matin, le ciel est couvert et il le restera toute la journée… Nous traversons Ivalo, puis nous arrêtons à Inari, la « grosse ville » du grand nord finlandais (près de 7000 habitants). On en profite pour faire quelques courses, puis nous allons réserver une « croisière » sur le Inarijärvi (2 fois la surface du lac Léman et troisième plus grand lac de Finlande). En fait de croisière, le bateau nous emmène vers l’ilot de Ukko et sa forme en pin de sucre, pour nous déposer à notre demande, au fond d’une baie.

De cette baie, nous suivons un sentier qui nous emmène vers la petite église en bois Vanhakirkko, perdue dans la forêt. Cette petite rando de 8 km nous permet de traverser, dans un silence absolu (hormis de rares oiseaux), la taïga et ses lacs innombrables. On découvre un squelette de renne probablement tué par des loups. Malgré une courte distance et l’absence de dénivelé, le sentier s’avère difficile car il est fait de racines et de pierres. Nous sommes donc contents de revoir notre voiture.

Nous reprenons la route, toujours vers le nord pour trouver un coin sympa pour la nuit. Nous le trouvons au bord lac, à une centaine de mètres de la route, mais où les voitures et camions sont de plus en plus rares, du fait de la proximité toute relative de la Norvège.

A noter que cette route européenne E75 démarre de Sitia en Crête pour remonter par la Grèce continentale, la Macédoine, la Serbie, la Hongrie, la Slovaquie, la république Tchèque, la Pologne, la Finlande pour se terminer en Norvège à Vardø, ville dans laquelle nous nous rendrons dans quelques jours.

Mardi 31 août : 260 km

Ce matin, nous avons droit à quelques éclaircies. Après quelques images des lacs qui nous entourent, nous reprenons la E75 que nous quittons rapidement pour la 971, vers le nord-est, en longeant plus ou moins le lac d’Inari, le plus souvent caché par la forêt. Peu avant midi, nous nous arrêtons à Sevettijärvi, qui comme son nom l’indique est situé sur un lac.

Le guide du Routard nous annonçait un bon resto où l’on pouvait manger des spécialités Sami, mais il parait définitivement fermé. Nous en trouvons un autre au bord du lac, bien situé, mais pour le repas, ce sera la surprise… En attendant, on visite un petit musée Sami avec ses petites constructions en bois servant d’abri, de garde-manger…etc. La petite église blanche située à côté ne manque pas d’intérêt non plus, qui plus est, avec son cimetière et ses tombes entièrement recouvertes de lichens !

Le resto ayant ouvert ses portes, nous les poussons et attendons un bon moment en attendant que les patrons nous accueillent. Un petit groupe, assis à une table, taillent une bavette autour d’un verre… L’intérieur est très typique et on a le temps d’observer.

Et au bout de longues minutes, un des gars qui était à la table se lève et nous explique tant bien que mal ce que l’on peut manger : le patron était là, à nos côtés, mais voilà, il fallait qu’il se décide ! Donc au menu, des hamburgers… oui mais aux steaks de renne ou d’élan, accompagnés de frites de pommes de terre ou de patates douces. Bon c’était bien mieux que dans de célèbres enseignes et surtout avec une vue majestueuse sur le lac, car nous étions installés dans la véranda. On a donc eu le temps de voir un groupe d’aventuriers préparer le chargement d’un petit hydravion.

Après le repas, nous allons observer de plus près les préparatifs : il y aura plusieurs vols de l’avion pour emmener les vivres et les canoës et à chaque vol, le pilote embarque 1 canoë, 2 personnes, des victuailles et beaucoup de bouteilles de vin !!! Après un long moment, l’hydravion part à l’opposé pour prendre son élan et décoller face à nous, sous la pluie et sous un ciel très sombre. Après ce sympathique intermède, nous voilà repartis en direction de la Norvège. A la frontière située un peu en altitude, une douanière et un policier nous contrôle vaguement, pour dire de…, et on redescend vers les cascades de Skoltefossen sous la pluie.

Nous nous arrêtons à Kirkenes, la grande ville du nord-est de la Norvège. Petite visite de ce port situé à quelques encablures de la Russie. Puis nous repartons en direction de chez Poutine. Nous resterons bien sûr de ce côté de la frontière, mais nous la longerons sur une trentaine de kilomètres, sur une très mauvaise route, qui se transforme en piste pleine de flaques. Nous connaissons puisque nous y sommes venus en 2012. 

La rivière, qui est à notre droite, marque la frontière. Des panneaux écrits en norvégien, en anglais et en russe, indiquent la conduite à tenir avec le voisin russe. Un peu plus loin une voiture basse arrive en sens inverse. Elle zigzague entre les flaques et à notre grande surprise, on découvre une Ferrari noire immatriculée en Allemagne et bardée de caméras, type GoPro, sur la carrosserie. On imagine alors un essayeur d’émission TV type Auto-Moto. Mais que fait-il sur une mauvaise piste où un véhicule haut perché est recommandé ? 

On arrive enfin, et toujours sous la pluie, à Grense Jakobselv, hameau au bord de la mer de Barents. Plusieurs CC sont déjà installés. Pas de balade en bord de mer ce soir, demain peut-être…

Mercredi 1er septembre : 205 km

Pour le premier jour de septembre, on se réveille sous la pluie et le vent, mais après le petit-déjeuner, une accalmie nous permet d’aller faire un tour en bord de mer. Nous allons, tout d’abord, en direction de la petite église en pierre qui surplombe quelques maisons de bois.

Puis nous prenons la direction de la rivière Jakobselva et de son embouchure de sable, au pied des installations de surveillance russes. On descend sur les rives sablonneuses qui rejoignent la mer, où s’ébattent de nombreux goélands adultes et immatures. Malgré la grisaille du ciel, la mer a des jolis reflets verts. On revient par la plage du hameau où le sable doré bute contre des petites falaises de roches brunes creusées.

Mais déjà, il faut penser à repartir vers l’ouest en espérant le retour du soleil… Au bout de la piste, on tente un retour vers Kirkenes par une autre piste repérée sur la carte, mais elle est vraiment trop défoncée. 

Alors on fait demi-tour pour reprendre la mauvaise route de l’aller. Après Kirkenes, on reprend la route E6 par laquelle on était arrivé la veille. On la poursuit en contournant quelques fjords jusqu’à Vuonnbahta. On y fait le plein de gas-oil : à noter que le prix au litre est, comme en Suède, à 1,75 € ! Et c’était bien avant les dernières augmentations… Bon, on connaissait les tarifs avant de partir et on savait que le carburant allait constituer les 3/4 du budget du voyage… A ce carrefour, nous reprenons la fameuse E75 en direction de Vardø. Cette route est un cul de sac et nous devrons revenir par la même route demain.

Au passage, nous nous arrêtons près de la petite église de Nesseby (prononcer Nessebu), qui trône sur une petite presqu’île. Comme il est déjà tard, nous stoppons pour la nuit au camping de Vestre Jakobselv. Nous devons vidanger nos toilettes et eaux grises et faire une lessive. J’en profite pour tenter le graissage des croisillons de la transmission sous la voiture, car depuis 2000 km, on a l’impression d’avoir 2 grillons qui chantent fort sous nos sièges ! 

Jeudi 2 septembre : 215 km

On se lève avec de belles éclaircies et c’est plutôt motivant pour reprendre la route. On traverse Vadsø, puis un petit village du nom de Ekkerøya, assez typique avec ses maisons de bois assez anciennes aux couleurs variées ; rouges, blanches, jaunes ou bleues. Puis, un peu plus loin on longe de belles plages de sable blanc désertes bordées par des eaux bleues cristallines. On s’arrête pour faire quelques images mais une forte averse soudaine nous oblige à nous replier dans le pick-up et à repartir trop rapidement. Malgré cette météo incertaine, les paysages sont sublimes.

Et derrière une colline apparait la ville de Vardø joliment éclairée par le soleil en premier plan devant une mer grise et un ciel encore plus sombre. Vardø est construite sur une île reliée au continent par un tunnel sous-marin, le premier construit en Norvège. Des dizaines d’autres ont suivis… Avant d’entamer la visite de la ville, on se place sur un grand parking ensoleillé (qui ne durera pas) face à la mer et accompagné d’un couple observant la mer, en fait deux statues colorées… La ville est, comme toutes les villes du Grand Nord, bâtie avec des rues taillées au cordeau, mais celle-ci présente un charme particulier avec son port, sa forteresse et son observatoire qui domine la ville. On visite également un bâtiment construit en hommage aux « sorcières » massacrées et brûlées vives à une certaine époque lointaine, comme dans bon nombre de pays y compris en France. Ces personnes avaient le tort d’être un peu chamanes ou de ne pas croire en la religion imposée !

On aurait pu continuer encore un peu plus nord mais la pluie nous pousse à rebrousser chemin et c’est sur le port de Nesseby que nous établissons notre camp jusqu’à demain… 

 Vendredi 3 septembre : 215 km

On abandonne la route E75 pour la E6 qui repart vers l’ouest, puis vers le nord au niveau de Tana Bru. On longe le fleuve Deatnu. Il pleut depuis le départ et ce temps maussade nous accompagnera toute la journée. La visibilité reste au début très correcte et nous permet d’observer des lacs, des fjords et de vastes étendues de toundra dont les couleurs commencent sérieusement à se modifier car l’automne est bien là… De gigantesques travaux transforment la route en une longue piste de gravier. L’état des routes s’est fortement dégradé depuis que nous venons dans le Grand Nord et il est bien probable que ce soit la fonte du permafrost qui soit la cause des très nombreux affaissements du bitume. Les pays nordiques doivent investir des millions de couronnes pour entretenir leurs routes… Ne devraient ils pas supprimer totalement le goudron des routes et faire comme en Alaska ou le Grand Nord canadien ? 

Sur les hauts plateaux, les myrtilliers et les airelles se parent d’un rouge flamboyant qui égaie les paysages. La route serpente entre fjords et petites montagnes qui paraissent beaucoup plus hautes, au vu de la rase végétation ressemblant à celle des hauts pâturages alpins, c’est-à-dire vers 2500 m, alors qu’ici, nous sommes entre 0 et 400 m d’altitude.

Au niveau de Ifjord, nous prenons plein nord, pour rejoindre la commune de Mehamn. Après avoir longé le Laksefjorden, on s’enfonce dans les terres et les hauts plateaux (toujours aux alentours de 400 m) : on se retrouve alors sur des plaques rocheuses parsemées de très nombreux lacs parfois noyés par le brouillard. La température est descendue à 3°C. La route 888 peu fréquentée redescend au niveau de la mer avant de remonter sur le même type de paysages : de vastes étendues presque dépourvues de végétation, presque car les hardes de rennes ont tout de même de quoi manger et paraissent être les seuls êtres vivants du secteur ! 

On arrive dans le petit port de Mehamn qui compte 700 habitants. C’est la tempête dans ce secteur et il nous faut trouver un coin à l’abri du vent pour passer une nuit tranquille. On se pose au bord de la route qui mène à Gamvik.

Samedi 4 septembre : 82 km

Au petit matin le vent souffle toujours assez fort, mais on a la chance d’avoir quelques éclaircies, de plus en plus larges au fil de la matinée. On continue donc en redirection de Gamvik, vers le nord-est, pour rejoindre par une bonne piste le phare de Slettnes, le phare le plus septentrional du continent européen, celui du Cap Nord étant sur une île. La météo ensoleillée mais ventée nous incite à faire une jolie balade. Quelques rennes paissent tranquillement sur la toundra, face à un océan Arctique quelque peu « énervé !

On déjeune sur un petit parking un peu à l’ouest du phare. Puis on revient sur nos pas, non loin de notre emplacement de la nuit précédente, pour entamer une petite randonnée en direction du cap Kamøy. Le ciel est à nouveau menaçant. Le sentier longe une crête qui s’enfonce petit à petit dans l’océan. Les vues sur les côtes sont magnifiques malgré des nuées de pluies qui s’approchent de nous. On perd parfois le balisage peu entretenu, ce qui me permet, au détour d’un rocher, de trouver un joli bois de renne, quoiqu’un peu ancien… A plusieurs reprises, nous sommes obligés de mettre la capuche par-dessus le bonnet pour nous protéger d’une pluie glaciale, voire même par moment, de neige fondue. Notre progression n’étant assez lente, nous abandonnons l’idée d’aller au bout du cap et rebroussons chemin. Arrivés à la route, les éclaircies réapparaissent…

Nous quittons le secteur de Mehamn pour descendre un peu vers le sud-ouest, du côté de Skjøllfjord. Sans descendre au port, nous prenons à droite une petite piste qui doit nous conduire à Skjøtningberg, un hameau totalement isolé où nous espérons passer la nuit. Cette belle piste nous permet de voir Skjøllfjord d’en haut et traverse de beaux paysages très sauvages.

Ce hameau, comporte une douzaine de maisons, certaines étant des maisons de vacances. Il y a un éleveur de moutons et des pêcheurs. La configuration de nous permet pas de nous installer, ce qui est dommage car le site est vraiment agréable. Nous commençons donc à remonter sur le plateau et on trouve sur le bas-côté de la route un endroit suffisant grand, mais assez pentu, pour nous installer sans gêner le passage d’éventuelles voitures.

Dimanche 5 septembre : 270 km

Ce matin, il ne pleut pas et les éclaircies apparaissent en cours de matinée. Après avoir traversé la longue route de plateau de l’avant-veille, on se retrouve au bout du Hopsfjorden.

On se décide à faire un aller-retour de 100 km pour aller à Skjånes, un village de pêcheurs. C’est un peu long mais les paysages sont grandioses, les couleurs superbes… Aucun regret d’arriver dans le village coloré où les morues sèchent au soleil et au vent… ça vaut une promenade au travers de la seule rue qui se termine en cul de sac. On est dimanche matin et le seul commerce du village est fermé. Peu d’activité sauf dans l’usine de transformation du port. Après le déjeuner, nous reprenons la route en sens inverse jusqu’à Ifjord à la base de cette gigantesque presqu’île appelée NordKinn-Halvøya.

Nous retrouvons également un peu de pluie… ça nous manquait ! Nous passons Kunes avant de remonter sur des plateaux où les Saamis ont installés des parcs à rennes. On traverse une zone de brouillard avant de commencer à redescendre en direction du fjord Porsanger.

Mais avant il y a le canyon de Silfar qui mérite le détour. Du parking, une courte balade nous permet d’admirer la rivière encaissée entre 2 parois de roche. C’est sympa pas non plus exceptionnel et ça nous permet de délasser nos jambes…

Une fois rejoint le fjord à Børselv, on continue sur la F98 vers le sud et on s’arrête pour la nuit sur un petit promontoire, au bord de la mer. L’endroit est calme. On profite du temps sec pour explorer la côte…

Lundi 6 septembre : 220 km

Dès le petit-déjeuner, une petite pluie tombe déjà sur le toit de notre maison ambulante… Au travers de la fenêtre je regarde la mer… Il ne se passe pas grand-chose. Nous sommes chacun dans nos pensées comme : la pluie va-t-elle durer toute la journée ? Quand soudain, ça bouge à la surface du grand bleu, plutôt gris ce matin… Serait-ce ? Non, quand même pas ? Mais oui, c’est bien ça…

2 dauphins !!! Je saisis l’appareil photo et on se précipite dehors pour mieux les voir. Ils sont peut-être à 200 m du rivage mais c’est magique et magnifique à la fois ! Ils avancent assez rapidement et ne se préoccupent pas de nous évidemment : on n’est pas chez Flipper, mais quel beau début de journée…

Ce qu’il y a de sûr, c’est que cette petite réflexion du matin nous a décider à quitter la Norvège et à retourner vers la Suède où le temps est plus sec. On reprend donc la route vers le sud en passant par Laksev, puis on remonte vers le nord, de l’autre côté du fjord Porsanger. C’est un peu les montagnes russes : plateau, mer, plateau, mer et ce jusqu’à Alta, une ville où nous avions séjourné en 2006… On ne reconnait pas grand-chose, même rien du tout. On y fait quelques courses, puis on repart en direction de Gargia, car non loin de là, il y a le plus grand canyon de Scandinavie, et on veut voir ça ! Pour ça, il va falloir faire de la piste, puis y aller à pied. Mais on se contentera de la piste pour cette fin d’après-midi… On la trouve après Gargia et celle-ci monte tranquillement sur un plateau ou les éclaircies arrivent en même temps que nous !

Il y a bien un parking au départ de la rando du lendemain, mais il y a déjà quelques véhicules, alors on redescend un peu sur un petit promontoire. De magnifiques lueurs orangées se développent autour du lieu : on aperçoit même au loin quelques sommets fraichement enneigés. Une harde de rennes passe non loin de non… C’est tout bonnement grandiose ! Ca promet pour demain car la météo est bonne pour une grande partie de la journée…


Mardi 7 septembre : 88 km de piste

La météo ne s’était pas trompée et c’est confiant que nous partons au canyon d’Alta. Un beau sentier au milieu des couleurs d’automne dans la toundra : c’est un feu d’artifice de jaune, d’orange, de rouges, de vert encore, de gris des roches et bien sûr de bleus des lacs et du ciel. 

Nos yeux se régalent même si tout cela annonce l’hiver prochain dans cette contrée… Après environ 7 km, on arrive en vue du canyon : c’est vrai qu’il est magnifique. 

On ne peut pas le comparer avec d’autres plus profonds en France et ailleurs dans le monde mais il vaut le déplacement. On croise d’ailleurs pas mal de randonneurs… Au retour, nous déjeunons dans notre nid douillet avant de reprendre la piste qui continue vers le sud.

Cette piste n’est pas difficile en soi, mais on ne croise aucun véhicule alors qu’elle en vaut vraiment la peine, surtout à cette période de l’année, avec toujours les couleurs magnifiques de la « ruska », terme utilisé par les Saamis pour parler de cette saison où les couleurs explosent. Au terme de cette piste, on a la possibilité d’en reprendre une autre pour rejoindre la route de Kautokaino. On imagine qu’elle sera aussi roulante et belle que la précédente alors on se lance…

Déjà esthétiquement, on est coincé entre deux murs de bouleaux épais et on ne voit rien, et de plus, la piste elle-même n’est pas belle : grosses ornières, trous, 

passage d’une buse d’évacuation cassée et de gros diamètre en béton, et un gué pas profond, mais étroit et en virage. Et comme on a le souvenir d’avoir arraché un pied sur notre précédente cellule dans un passage similaire, on est un peu stressés, mais c’est justement cette mauvaise expérience qui nous permet de passer ces quelques obstacles…

Et pour ne rien arranger, la pluie se rappelle à notre bon souvenir ! Au vu des conditions, nous n’irons pas au bout de cette piste et, un peu plus loin, une échappatoire nous permettra de rejoindre la route goudronnée demain. En attendant, la fatigue nous pousse à nous poser sur le bas-côté du chemin.

Mercredi 8 septembre : 312 km

La pluie est tombée toute la nuit et tombe encore au réveil. On en termine avec cette piste puis on reprend la route E45, qui file vers… le beau temps ? On traverse Kautokeino. Avec 9 704 km2, c’est la commune la plus étendue de Norvège. Quelques 10 000 lacs et étangs couvrent 640 km2 de sa superficie. C’est l’endroit de Norvège où il pleut le moins avec 360 mm d’eau par an ! (2000 mm dans le Haut-Jura). Pas de chance pour nous, nous ne sommes pas tombés le bon jour !

Avant de rejoindre la Suède, on va retrouver sur quelques dizaines de kilomètres, les routes finlandaises en passant par Enontekiö et Kaaresuanto, ville à cheval sur les 2 pays : c’est ici que l’on traverse la rivière Radjeeatnu et que l’on passe en Suède. A noter que les deux frontières passées aujourd’hui étaient totalement libres… Kaaresuanto devient Karesuando. Comme prévu, de belles éclaircies ont fait leur apparition et on est maintenant à la recherche d’un coin tranquille pour dormir. Après un essai au bord d’un lac, on repart, le parking étant trop ombragé. On s’arrête finalement sur le parking extérieur d’un camping abandonné à Vittangi, près d’une rivière habitée par des cygnes chanteurs.

Jeudi 9 septembre : 90 km

Le beau temps est cette fois bien installé et on prend notre temps pour repartir, car nous n’avons pas beaucoup de kilomètres à faire pour rejoindre Kiruna, la ville minière du nord. On n’a pas vraiment de projet pour la journée sauf d’aller remplir une bouteille de propane pour terminer le séjour… nous avons repéré un pro du gaz qui se vante de pouvoir remplir toutes les bouteilles du monde ! Alors, on y va confiants. Un groupe de camping-caristes est déjà sur place mais en termine. On se présente donc avec notre Cube Butagaz à clip. Mais en voyant la tête de la vendeuse, on se dit que ça va être plus compliqué que nous le pensions. Elle n’a jamais vu ce système et ne peut rien pour nous… Bien qu’ensemble, nous essayons de trouver une solution, eh bien… on va se retrouver en rade de gaz. Problèmes : plus de chauffage, plus de frigo et plus de quoi cuisiner !

Bon, il nous reste encore un tout petit peu de propane et dans une autre bouteille, encore un peu de butane mais on ne peut pas utiliser ce dernier tant qu’on est au nord à cause du froid. Ce soir, il nous faudra aller en camping pour utiliser l’électricité, jusqu’à ce que les températures nocturnes nous permettent de ne pas utiliser le chauffage…

Nous décidons d’aller visiter la ville et principalement l’église qui est assez atypique : des musiciens répètent pour un prochain concert. Comme beaucoup d’églises en Suède, c’est un campanile qui fait office de clocher. Elle est construite en totalité en bois, y compris les tuiles. Dans les prochaines années, il est prévu de la déménager à quelques kilomètres, comme une partie du centre-ville, à cause des risques d’effondrement du sous-sol. En effet, la mine de Kiruna est la plus grosse mine de fer de la planète et le gruyère qui sert de sol présente de gros risques. Depuis plusieurs années déjà, des maisons sont déplacées par camions. L’église elle, sera démontée pièce par pièce. Un nouveau quartier hyper moderne est déjà en construction avec de hauts immeubles. Ce n’est pas une jolie ville, mais le centre est sympa avec sa rue piétonne. On se rend à l’office du tourisme pour demander un lieu sympa pour le déjeuner. On commence à converser en anglais (converser est un bien grand mot pour nous, vue notre niveau d’anglais !) mais la dame s’aperçoit que nous parlons français : elle est toute heureuse de pouvoir reparler notre langue qu’elle n’a pas utilisée depuis sa jeunesse (donc quelques décennies – elle a notre âge environ). Elle a vécu 1 an à Paris. Du coup comme elle parle très bien, on continue dans notre langue… elle nous conseille 2 restos, dont un « food-truck » qui sert des plats saamis.

On choisit donc celui-ci à 10 mn de marche. C’est à l’emplacement d’un ancienne station essence. Dans les bâtiments, il y un fast-food classique et sur le parking, il y a le food-truck et à côté un grand tipi. On commande des plats à base de renne et d’élan et on va s’asseoir sous le tipi. Il y a déjà 4 ou 5 personnes et ça va se remplir petit à petit. Un genre de barbecue à gaz réchauffe l’atmosphère : l’ambiance est vraiment sympathique et on adore ! Après quelques courses dans la zone commerciale, on traverse le lac Jukkasjärvi pour aller visiter le village du même nom, mais en arrivant devant l’église, on s’aperçoit que nous y étions venus il y a 15 ans : on avait oublié ! Il y a un musée Sami et de vieilles maisons en bois en libre accès, du moins à l’extérieur, car la saison estivale est terminée…

Puis on revient sur nos pas pour rejoindre le camping d’Alttajärvi, au bord du lac du même nom. C’est également tout proche de la route E10. Il y a même un sauna dans une cabane flottante… mais comme on n’est pas très adepte, on laisse volontiers la place aux locaux qui passent du sauna aux eaux fraiches du lac. Le ciel est toujours aussi clair et les pressions d’Aurora Forecast nous annoncent de bonnes probabilités de voir des aurores boréales… enfin ! Nous patientons jusque vers 22h et bien habillés, nous allons nous positionner là où il n’y a pas lumière parasite, c’est-à-dire en bord de route. Mais il y a quand du passage et donc des pleins phares qui éclairent les épicéas et le ciel…

Et enfin, les « belles » apparaissent… blanches et non vertes ! Mais ça, si vous avez lu notre carnet de voyage de notre séjour hivernal en Norvège, vous savez pourquoi. Les aurores ne sont pas aussi vives qu’en hiver mais c’est normal, c’est le début de saison… Mais ça reste tout de même magique. 

 Vendredi 10 septembre : 55 km

 La météo étant toujours très favorable, nous partons pour une petite randonnée sur un petit sommet à 615 m d’altitude, le Ylinen Aptasvaara. Pas très haut, mais une vue magnifique sur l’ensemble de la ville de Kiruna et sa mine, sur les plaines « rousses » environnantes, les lacs et en point d’orgue sur le Kebnekaise, le plus haut sommet suédois, recouvert de neige. On ne rencontre aucun animal, hormis quelques oiseaux et aussi quelques randonneurs ! Très facile et à gravir OBLIGATOIREMENT si vous êtes dans le secteur.

Puis finalement, comme nous sommes bien ici, nous décidons de rester jusqu’au lendemain, en espérant que le peu de propane qu’il nous reste suffise à passer une nuit au chaud. Nous passerons l’après-midi soit à flemmarder soit à aller chercher du bois mort dans la forêt voisine pour faire cuire nos tranches de saumon sur le feu, et à en avoir suffisamment pour se tenir au chaud en attendant les aurores boréales. 

Nous n’avons pas eu l’occasion de tenter une conversation avec notre voisin suédois, celui-ci paraissant plutôt « sauvage ». Après cette balade de 3 heures environ, nous reprenons la direction de Kiruna pour bifurquer en direction de la vallée de Nihkkaluokta. On met un certain temps à trouver l’endroit idéal pour le déjeuner et c’est au bord du Laukkujärvi que nous trouvons notre bonheur : un parking goudronné, avec tables de pique-nique, place de feu, cabane équipée (poêle, table) et une très belle vue sur le lac. Il y a déjà un CC installé mais ce n’est pas gênant. C’est un vieux monsieur solitaire qui doit être là depuis plusieurs jours. Le vent étant assez sensible, le repas se fait en intérieur… 

Et en début de soirée, voilà le feu allumé, prêt pour la cuisson de nos darnes de saumon… délicieux ! Puis nous chargeons le foyer pour dégager un peu de chaleur que la température s’est bien abaissée. Doudoune, gants et bonnets ne sont pas de trop pour attendre la nuit. Et comme la veille, les lueurs blanches voire vertes très pâles commencent à danser au-dessus de nos têtes. Elles s’avèrent être plus denses qu’hier. Les aurores évoluent de minutes en minutes jusqu’à être presqu’aussi belles qu’en février 2019, puis elles retombent même si quelques lueurs discrètes s’attardent un peu. Elles pourraient revenir un peu plus tard dans la nuit, mais pour nous, il est temps d’aller fermer nos yeux.

Samedi 11 septembre : 282 km

Le chauffage a tenu toute la nuit mais ce sera la dernière… les prochaines se passeront en campings. Ce matin, c’est malheureusement assez nuageux, malheureusement, car nous avons décidé d’aller marcher un peu au fond de la vallée, au pied du Kebnekaise qui culmine à 2097 m. Ce sommet naguère coiffé d’un glacier mesurait 2111 m, mais en raison du réchauffement climatique, les glaciers ont nettement rétréci et son altitude a diminuée.

Nous garons notre véhicule sur un gigantesque parking à Nikkaluokta. On va visiter la maison du parc qui fait magasin de souvenirs, restaurant et refuge… Ici, bon nombre de randonneurs sont de passage, commencent ou terminent soit l’ascension du sommet, soit une partie du trek Kungsleden (la voie royale) qui fait 400 km au total. Nous on se contentera d’aller au début du lac Laddjujärvi, dans des paysages colorés entre forêts de bouleaux et tourbières. A notre arrivée au lac, le paysage est sublime, époustouflant, à couper le souffle ! Avec le soleil revenu, le Kebnekaise dépasse de quelques nuages, et avec le lac bleu et les arbres dorés…

On reste de longues minutes à admirer le spectacle, et nous ne sommes pas les seuls. On pensait manger au restaurant Sami mais celui-ci est fermé pour la saison. On se contentera donc de quelques barres de céréales pour tenir jusqu’à la cellule vers 14h00, après environ 13 km A/R sur un terrain presque plat.

Après le repas, nous quittons à regret ce lieu car il nous faut bien entamer la très longue descente vers la France, si on veut rentrer vendredi soir… alors nous allons rouler jusqu’à Jokkmokk, à la limite du cercle polaire. On se pose à l’Arctic Camp où nous sommes déjà venus 2 fois. C’est un camping gigantesque au bord d’un lac, mais à cette époque, nous ne sommes pas les uns sur les autres ! 

Dimanche 12 septembre : 440 km

Après un petit arrêt près de la grosse église de Jokkmokk, c’est une journée de transition qui s’annonce avec une météo morose : brume et bruine. Nous suivons la route E45 qui descend vers le sud, par le centre du pays. On fait quelques courses à Arvidsjaur où nous voyons 3 élans… en bois. 

Il y a par endroit de gigantesques travaux de reconstruction de la route nationale, et c’est parfois sur 20 km que nous roulons sur une piste plus que sur une route. Ça ajoute un peu d’animation à cette journée. C’est long et pas toujours intéressant mais faut que ça se fasse… Après une pause repas près d’une rivière, nous poursuivons et trouvons un camping à Hoting au sud de Dorotea. Il est situé entre la route et le lac Kilvamma. Il y a beaucoup de place et nous installons vraiment tout près de l’eau…

Lundi 13 septembre : 520 km

Aujourd’hui, avec le retour du soleil, nous avons prévu de visiter et même de revisiter Østersund, une ville paisible construite sur les rives des lacs Åssjön et Brunfloviken. Il existe de jolis bâtiments anciens comme la mairie mais aussi un minuscule quartier de maisons en bois mitoyennes où aucune séparation intérieure ne vient perturber un magasin de souvenir, et un café qui fait un peu brocante. 

On reprend la voiture pour passer le pont qui mène à l’île Frösö et ainsi visiter la petite église blanche au campanile faite entièrement de bois. Puis on descend de la colline pour déjeuner sur un petit parking de gravier, au bord du lac.

Sur le papier, la ville de Mora, parait être jolie à visiter. Nous irons donc au camping de la ville. Nous passons par Sveg où nous aurions dû remplir le réservoir car apparemment, il n’y a pas de station avant 80 km. Nous comptions sur notre jerrican de 20 litres mais nous l’avons vidé (sans le remplir à nouveau !) la veille au niveau d’une pompe qui ne fonctionnait pas…   Le stress gagne au fur et à mesure que nous avançons en scrutant la jauge… Ça devient sérieux voire même très sérieux car on est au beau milieu de la taïga et la prochaine ville, c’est Mora, à 40 km ! On doit traverser un hameau, Nappikoski, et on espère qu’il y aura quelque chose : et ouf, nous apercevons une petite pompe devant un magasin mais celui-ci est fermé et pas de lecteur CB visible… Mais si, on trouve enfin le système qui permet l’utilisation de la CB. On est sauvé même si le prix au litre est proche de 2 euros !

De bonne humeur on repart en direction de Mora que l’on traverse et en effet, ça vaut le coup de visiter, mais on le fera après nous être installés au camping. Même, si c’est un très grand camping, on a bien du mal à trouver l’entrée principale. On se présente à l’accueil où la jeune femme nous parle dans un anglais si rapide que l’on ne comprend rien du tout et c’est avec un « can you repeat more slowly, please ? » et l’on comprend que l’on doit aller voir ailleurs car le camping est, cette semaine, uniquement réservé à des centaines d’ados… Comme il est déjà tard, on quitte avec regrets, cette ville sans la visiter… et poursuivons jusqu’à Johannishom où nous trouvons un camping, comme la veille, coincé entre la route et un lac, mais ici, ça circule beaucoup : nous retrouvons nos amis routiers polonais et lituaniens qui, nous devons bien l’avouer, ne nous manquaient absolument pas !

Mardi 14 septembre : 385 km

Après quelques éclaircies, un beau soleil pour déjeuner, le ciel sera plus couvert l’après-midi. Et on descend toujours, cette fois-ci par la route 26 qui nous fait passer par Vansbro, puis Filpstad, pour passer à l’est du gigantesque lac Vänern qui fait 10 fois la taille du lac Léman soit 5648 km2 ! 

On fait une pause pour visiter Mariestad, au sud-est du lac. D’anciennes maisons colorées sont alignées dans une rue à l’est de l’église et donnent du cachet à cet endroit, mais il n’y a rien d’exceptionnel alors si vous devez compter votre temps (ce qui est dommage en vacances), ne faites pas le détour…

Puis nous continuons à la recherche d’un lieu pour dormir, si possible au bord du lac. Nous ne trouvons pas grand-chose, mis à part un parking entouré de forêts mais à 2 pas du lac. Nous y allons sans grand enthousiasme surtout que plusieurs CC et vans sont déjà installés. Un chemin mène au lac, et là surprise, le site est magnifique : belle plage sable fin, un ilot à 100 m et des bernaches nonnettes par dizaines : ça se chipote et ça fait beaucoup de bruit ! Malgré un ciel couvert, les couleurs du soir sont bien jolies…

Mercredi 15 septembre : 730 km

Avant la descente « vertigineuse » vers le sud, nous prenons plein ouest et faisons un détour pour aller visiter le petit port de Fjällbacka à 130 km au nord de Göteborg. Quand nous y arrivons, le village est un peu mort et vidé des touristes. C’est un petit port aux maisons de bois rouge de Falun, comme bon nombre de ports suédois côté Atlantique. Fjällbacka est adossé à une falaise ce qui lui donne un certain charme. 

Mais je trouve que ça ne vaut pas certains villages côtiers situés à peine plus au sud (Barrevik, Stocken…) que nous avions visités 5 ans plus tôt. 

Nous y restons une bonne heure puis reprenons la route vers le sud en longeant la côte que nous ne voyons finalement pas beaucoup…Ensuite, c’est l’autoroute, en passant à l’écart de Göteborg. Nous en sortons un peu plus loin pour déjeuner dans une baie, tout près de l’océan et pour faire quelques courses. C’est ici un lieu historique où un ancien château trônait sur la bute voisine. Après une petite balade, nous avons de la peine à « décoller » et à reprendre l’autoroute. Ça signifie la fin prochaine des vacances ! 

Nous passons près d’Helsinborg puis Malmö. Nous reprenons le pont de l’Øresund qui nous coûte « seulement 35 € » au lieu des 65 € de l’aller : on a dû se faire avoir en allant ! Après les éclaircies du matin, la pluie s’est remise à tomber et de plus en plus… Côté danois, c’est un véritable déluge qui nous accompagne. Contrairement à l’aller, nous descendons prendre le ferry entre Rødbyhavn et Puttgarden en Allemagne. On n’économise pas d’argent mais des kilomètres et surtout de la fatigue. On a repéré un lieu bien à l’écart du port danois, un peu à l’est de Nysted, près de maisons de vacances et au bord de la Baltique. Nous y arrivons tard et il fait déjà bien nuit quand nous nous installons, toujours sous la pluie. Nous sommes à l’abri d’une digue et nous ne voyons pas la mer, mais pour cette nuit, ce n’est pas très gênant !

Jeudi 26 septembre : 800 km

Au lever, la pluie s’est arrêtée et nous pouvons monter sur la digue pour voir la mer Baltique. Celle-ci, avec le vent, est un peu agitée et bien grise. Il ne faut pas traîner car nous avons réservé la veuille le ferry de 8h30. 

Nous embarquons et quittons pour de bon la Scandinavie (le Danemark en faisant partie avec la Suède, la Norvège et l’Islande… mais pas la Finlande). Traversée sans encombre et la sortie du ferry en Allemagne est lente avec tous les camions. Bienvenue en Allemagne ! Nous décidons, après avoir traversé Hambourg, de partir vers le sud-ouest en direction du Luxembourg, pour éviter tous les travaux de l’autoroute n°7 puis n°5. Ce qui ne veut pas dire que nous n’en avons pas sur la n°1 qui mène vers les très grandes villes que sont Dortmund, Essen, Bonn, Cologne et Düsseldorf. D’ailleurs, vers 16h00, nous décidons de nous arrêter à Ascheberg pour faire une longue pause en attendant que tous les travailleurs soient rentrés chez eux… Nous reprenons la route à la nuit après le diner et après avoir fait un petit tour à pied dans la ville, afin de nous détendre après le stress de la conduite. En fait, nous nous apercevons en se baladant, que nous nous étions arrêtés ici pour la nuit en 2016…

Nous souhaitons aller passer la nuit au Luxembourg mais la fatigue nous pousse à stopper aux alentours de minuit, vers Schweich, sur un parking de randonnée, à l’écart de l’autoroute, à 25 km de la frontière luxembourgeoise. La nuit est calme…

Vendredi 17 septembre : 390 km

Nous reprenons la route vers 9h30, après qu’une classe d’école ait liberée les lieux pour une balade dans la nature… On reprend l’A1 en direction de la ville de Luxembourg puis direction plein sud pour la frontière française. On n’oublie pas de faire le plein avant de sortir du pays et ça fait du bien de revoir le gas-oil à un prix relativement décent ! Ensuite, c’est Thionville, Metz puis Nancy avant de redescendre sur les Vosges par Remirmont. Et enfin la Franche-Comté avec Luxeuil. On s’arrête sur une sympathique aire de CC à Saulx de Vesoul pour le déjeuner et la vidange de nos réservoirs d’eaux. Et c’est en milieu d’après-midi que nous arrivons chez nous, dans la maison où nous avons emménagé 3 jours avant de partir…

Conclusion :

Nous avions une semaine de plus que les autres voyages dans les pays nordiques mais on n’en a pas fait plus pour autant : 9500 km, c’est la distance que nous parcourons à chaque fois. Mais nous avons pris le temps de vivre une fois arrivés au bord du Golfe de Botnie. Rejoindre le Danemark est toujours aussi difficile et désagréable mais c’est impossible d’éviter l’Allemagne. La météo a été relativement bonne sauf en Norvège où les influences et l’humidité de l’océan Arctique sont omniprésentes.

Partir à cette saison permet de profiter de la Ruska et de ses couleurs flamboyantes et en plus, il y a moins de touristes, même si en général, la Laponie n’est pas submergée par le tourisme de masse.

Et comme à chaque fois, on se dit que l’on y reviendra… mais cette fois-ci, probablement pas avant la retraite… quoique !

Ce que nous avons aimé :

– Le calme et le silence

– La beauté des paysages à cette saison

– L’observation de dauphins depuis la côte

– Les aurores boréales

– La couverture 4G sur presque la totalité de la Laponie, quel que soit le pays

– Les parcours sur plusieurs magnifiques pistes isolées du Monde

– Les barbecues improvisés et les soirées au coin du feu

Ce que nous avons moins aimé :

– La traversée de l’Allemagne

– Le prix du gas-oil : entre 1,55 € en Finlande jusqu’à 1,75 € en Suède et Norvège… et ça c’était avant les augmentations massives de ces dernières semaines !

– Absence visuelle des élans, hormis 2 cadavres en bord de route !

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