Botswana / Namibie – 2024

Nous avions prévu un voyage en Albanie et et au Monténégro, mais les températures extrêmes de la région nous ont poussés à trouver une autre destination, aux températures plus clémentes mais au soleil généreux tout de même… Après réflexion, nous nous sommes décider à rejoindre l’hémisphère sud et l’Afrique Australe. Suite à notre voyage en Namibie en 2018, nous nous étions dit que nous reviendrions dans le secteur et nous nous sommes décidés pour visiter le Botswana. C’est l’hiver et la saison sèche, et les températures varient de 5°C la nuit à 35 °C, au maximum, en journée.

C’est donc 3 semaines avant le début de nos vacances que nous avons commencer à nous organiser pour ce grand voyage : réservation du 4×4 avec tente de toit, achat des billets d’avion et réservations des premiers campings, car compte tenu de la faune sauvage très riche, il est plutôt conseillé de ne pas dormir isolé… Notre vol Discover Airlines (Lufthansa) partira le 23 août de Francfort et atterrira à Windhoek (capitale de Namibie) le 24, après 10h30 de vol. La location de fera chez Savanna Car Hire à Windhoek également. Il s’agit d’un Toyota Land Cruiser pick-up avec tout l’équipement nécessaire au camping, mais aussi aux pistes difficiles du Botswana : frigo, 55 litres de réserve d’eau, branchement 220 v pour la batterie auxiliaire, table et chaises, popottes, 2 bouteilles de gaz avec 2 bruleurs… etc. Le 4×4 lui, est réhaussé et équipé d’un treuil, d’un snorkel, d’un pare buffle, un double réservoir de 200 litres de gazole et 2 roues de secours. Il n’a que 2 ans et 75000 km au compteur. C’est un 4×4 rustique avec peu d’électronique et bénéficie d’une fiabilité légendaire…

Le Botswana est connu, entre autres, pour son très grand nombre d’éléphants dans les parcs nationaux de Moremi et Chobe, mais surtout par le delta de l’Okavango et le désert du Kalahari. Et à quelques encablures du Botswana, il y a les célèbres chutes Victoria, situées au Zimbabwe, que nous irons découvrir. Au total, près de 5000 km parcourus dont plus de la moitié sur pistes plus ou moins roulantes, plus ou moins difficiles, plus ou moins pourries !

Voici l’itinéraire que nous avons suivi au départ de Windhoek, en partant d’abord vers l’est et le Botswana :

Pour les déplacements, nous utiliserons le GPS chargé avec les cartes de Tracks4Africa, l’application du même nom qui fonctionne sans réseau et la carte également de Tracks4Africa. Pour le guide, c’est le Lonely Planet.

Vendredi 23 août 2024 : 460 km

Départ de la maison à 14h00 pour 460 km d’autoroutes. La météo est plutôt clémente mais les bouchons habituels en Allemagne nous font arriver 5 heures plus tard mais c’était prévu, l’avion ne décollant qu’à 21h55. Formalités habituelles pour la sécurité et les douanes, enregistrement des 2 bagages de soute et il nous reste 2 heures à poireauter à la porte C13 du Terminal 1 : ce n’est pas coutumier mais nous nous offrons un apéro pour fêter le voyage de nos 20 ans de mariage avec 4 jours de retard ! Le décollage est parfait et à l’heure et on nous sert un repas vers 23h00… Un petit film et on essaie de dormir tant bien que mal malgré l’étroitesse des sièges !

Samedi 24 août : 210 km

À 6h00, on nous sert le petit-déjeuner, (enfin si on peut appeler ça comme ça !) et l’atterrissage se fait comme prévu à 8h20. Et comme prévu aussi, le soleil est radieux dans le Kalahari, puisque l’aéroport Hosea Kutako est situé à 40 km à l’est de Windhoek (prononcer Vindouk), dans le désert du Kalahari. Le chauffeur de Savanna nous attend avec sa pancarte et nous fait patienter un peu. On en profite pour retirer des dollars namibiens (environs 20$NA pour 1 €). Puis c’est partit pour 45 mn de route en direction de la capitale. Nous repasserons devant l’aéroport tout à l’heure.

L’accueil à l’agence par Bianca est particulièrement sympa et elle fait des efforts pour que nous comprenions malgré notre anglais très basique… Puis elle nous confie à Darius qui nous explique pendant 45 mn le fonctionnement du véhicule et de son équipement : il y a beaucoup d’infos et nous n’en retiendrons qu’une partie. Et c’est parti… pas très loin car nous devons faire quelques courses au Spar du coin : pain, conserves de légumes, bidons d’eau… etc, et du vin d’Afrique du Sud mais pas de bol, car quand nous passons à la caisse à 13h08, la caissière nous retire les bouteilles ! En effet, en Namibie, la vente d’alcool est interdite le samedi dès 13h00… c’est bon à savoir.

Puis on repart en direction de l’aéroport jusqu’à Gobabis par la B6 Au bord de la route goudronnée, nous avons l’occasion d’apercevoir un peu de faune avec des phacochères et des babouins. Nous espérions rejoindre la frontière à 100 km de cette ville mais la fatigue et l’heure tardive (il n’est que 17h15 mais la nuit tombe à 18h00) nous font stopper au Goba Lodge qui possède aussi 3 places de camping. Une petite bière s’impose !

Dimanche 25 août : 615 km

Comme nous nous sommes couchés vers 20h00 la veille, le réveil est très matinal (5h15). On a une grosse journée de route pour rejoindre Maun, la troisième plus grande ville du Botswana, située aux portes du delta de l’Okavango, et qui est aussi la capitale du safari… On doit s’habituer au matériel et au rangement et on est un peu ralenti aussi par la froidure ! Alors, on part de Gobabis vers 7h00.

Après une bonne heure de route sur la B6, on arrive à la frontière… déjà côté namibien pour sortir du pays, puis côté botswanais pour y entrer : beaucoup de paperasses et un premier paiement car oui, il faut payer pour passer les frontières ! Ici, ça n’est pas encore hors de prix, contrairement au Zimbabwe mais ça, vous le verrez plus tard. Puis on reprend la route appelée A2 de ce côté-ci de la frontière. On s’arrête à Ghanzi pour retirer des pulas (15 BWP pour 1 €) et refaire quelques courses en espérant trouver un peu de vin. Mais les supermarchés ne vendent pas d’alcool et les magasins spécialisés sont fermés le dimanche au Botswana. Alors, on repart sur cette route de bonne qualité mais très monotone, car les paysages du Kalahari sont très monotones ! Pour ce soir, nous avions réservé le Old Bridge Backpakers Lodge, qui possède également 2 places de camping. A notre arrivée, plus de réservation, mais il y a heureusement encore 1 place disponible. Nous nous installons et découvrons le sol principal du Botswana, le sable gris et poussiéreux et nous allons en bouffer du sable, je vous le dis !

Nous réservons le repas du soir au snack du camping et en attendant, nous allons faire un tour vers le vieux pont qui enjambe la rivière Thamalakane, enfin ce qu’il en reste ! Seulement quelques poches d’eau… et dedans la principale, un crocodile du Nil joue à cache-cache. Le secteur est très fréquenté par la jeunesse en ce dimanche soir : barbecue, chants, selfies, concours de tuning ! On est les seuls blancs du coin et on se sent totalement en sécurité, hormis le croco qui a accès direct au camping s’il le veut ! Mais il est l’heure d’aller manger notre taco poulet et frites, délicieux d’ailleurs. Et dodo vers 21h00.

Lundi 26 août : 180 km

Lever au réveil à 5h45 car on entre maintenant dans le vif du sujet : on s’est, en effet, offert le luxe d’un vol panoramique de 45 mn au-dessus du delta et on a RDV à l’aéroport international de Maun 7h30, enfin d’après le mail reçu 3 mn avant, mais par précaution, on arrive tout de même à 7h20… mais on nous attend de pied ferme car ce n’était pas 3 mais 30 mn avant ! C’est la course, car nous devons passer les contrôles de sécurité et finalement nous arrivons à 8h40 par navette au pied du petit Cessna 206 d’ Okavango Scenic Flights, qui embarque 5 passagers à son bord. C’est l’avion de brousse par excellence. Nous sommes au complet. Le jeune pilote nous briefe sur le vol qui se fera à une altitude de 150 mètres et qui nous permettra de voir la faune d’assez près.

Alors on décolle et au bout de quelques minutes, on ne sait plus où donner de la tête entre les paysages grandioses de l’Okavango et la riche faune sauvage : éléphants, buffles, girafes… c’est spectaculaire ! Le pilote a un œil exercé et bascule son zinc à droite, à gauche pour nous montrer les troupeaux ou les animaux isolés.

Après finalement près d’1 heure de vol, on rejoint le tarmac. Le pilote est chaleureusement remercié. On quitte l’aéroport pour rejoindre le centre ville tout proche : on souhaiterait acheter une carte SIM. On a beaucoup de mal à trouver les bureaux de l’opérateur principal Mascom et quand on la trouve, la queue et la lenteur des opérations nous font renoncer à cet achat. C’est pire chez les voisins d’Orange. Nous nous connecterons donc au wifi des campings en soirée et ferons confiance à notre Land Cruiser pour qu’il n’y ait aucun souci pendant notre séjour. Nous trouvons enfin du vin : ne croyez pas que l’ont soit des ivrognes mais un bon verre de vin ou une bière font énormément de bien quand les conditions de voyages sont difficiles !!! On refait un deuxième plein de gazole et c’est reparti…

Après quelques kilomètres de goudron, notre première piste, très large et sablonneuse, se présente. On dégonfle un peu les pneus à 1,9 bars. On achète du bois pour le feu de camp du soir à une dame assise au bord de la piste. Trois gamins viennent réclamer des sous ou des broutilles mais la dame les houspille fermement car au Botswana, on ne réclame pas, en tout cas pas en présence d’adultes ! On repart devant un groupe de 4×4 sud africains qui nous repassent un peu plus loin. ceux-ci sont habitués et roulent nettement plus vite que nous. Le sable étant de plus en plus profond, on s’arrête à nouveau pour descendre la pression à 1,4 bars… et ça avance mieux. J’essaie en boîte courte, ce que Darius nous avait conseillé, mais le moteur ronfle trop à mon goût, alors je repasse en 3ème longue et notre Land Cruiser va tout bien.

On pique-nique à la porte sud de la réserve de Moremi : nous sommes entourés d’écureuils, de calaos et d’autres oiseaux… On paie le transit pour rejoindre la porte nord de Khwai, et peu après l’entrée dans la réserve on aperçoit nos premiers éléphants. Après ce début de piste sympa, elle devient plus difficile et surtout monotone dans une forêt aux couleurs d’automne et aucun animal ne pointe le bout de son museau. Après avoir passé la porte nord de Moremi, il nous faut traverser un pont de bois assez étroit et brinquebalant mais ça passe sans problème : au loin sur la rivière Khwai, on aperçoit un petit groupe d’éléphants. Vous l’aurez peut-être remarqué mais nous sommes passés sur le pont de la rivière Khwai !!! On trouve un panneau nous indiquant notre camping suivant…

Nous avions réservé 2 nuits à l’Hippo Pool Campsite. C’est un camping récent tenu par des habitants de Khwai. Les emplacements sont situés au bord d’un affluent de la rivière Khwai. Il est très bien équipé et comme on est en pleine nature, il est déconseillé de se promener la nuit tombée. On réserve pour le lendemain, une promenade de 2 heures en mokoro. Après la douche, on fait notre feu sur notre braï (barbecue d’Afrique australe) pour cuire saucisses et poulet. On va voir les hippopotames qui font trempette non loin de là puis c’est le coucher de soleil. En soirée et après le repas, on entend des rugissements pas très lointains alors on saute dans la voiture ! Puis une fois le calme revenu vers 21h00, on monte dans la tente, à l’abri du prédateur…

Mardi 27 août : 50 km

A 7h50, Willy notre guide vient nous chercher à notre emplacement pour notre petit tour en mokoro (embarcation traditionnelle aujourd’hui en fibre de verre maniée avec une perche). Il en profite pour nous montrer une empreinte de lion au pied de notre campement. la bestiole est bien passée chez nous cette nuit ! Bref, on monte dans la pirogue, assis sur des chaises aux pieds sciés pour être plus près du fond, gilets de sauvetage sur les dossiers. Moi devant pour les photos, Sylvie au milieu et Willy qui barre le mokoro. C’est lui qui gère l’équilibre instable. Il nous montre un aigle pêcheur africain à la taille impressionnante, et diverses autres oiseaux, échassiers ou non… Au loin, on aperçoit 2 buffles sur la rives qui nous surveillent du coin de l’œil. On fait demi-tour (est-ce par prudence face à cet animal imprévisible et dangereux ?) et il nous dépose sur la berge pour une petite balade à pied, en direction d’un point d’eau où paissent une petite harde d’antilopes. Willy nous explique les termitières dont les occupantes restent sous le sol pendant la saison sèche. Il nous donne un truc naturel contre les moustiques et que nous utiliserons dès le soir : il s’agit d’enflammer de la bouse d’éléphant séchée, qui en dégageant de la fumée fait fuir les sales petites bêtes envahissantes. On remonte dans le mokoro et après ces 2 heures de balade, on arrive au camp avec un grand éléphant mâle qui nous accueille ! Après une petite balade à l’intérieur du camp, on revient « à la maison » pour le déjeuner. Au loin, là où nous étions 2 heures auparavant, « notre éléphant » a rejoint un groupe d’autres mâles et quelques antilopes.

Puis nous reprenons le 4×4 en direction de la réserve de Moremi. Il faut repasser le pont de la rivière Khwai et là, je vise mal et la traversée se fait un peu en crabe ! On part en direction du Dombo Lake à l’ouest de la porte nord. Nous observons le lac du haut d’un observatoire en bois : hippos, crocos, varan, éléphants, impalas, zèbres et oiseaux diverses… il y a du monde. Nous poussons plus loin mais sans grand succès. Nous faisons une nouvelle halte au point de vue mais rien de nouveau… Retour à Hippo Pool où nous allumons un feu. Willy et ses collègues viennent plus tard pour faire de même dans tous les emplacements, pour la sécurité face à la présence potentielle des fauves… mais ce soir, ils ne reviendront pas, mais les moustiques si ! Alors on allume la bouse d’éléphant et ça marche…

Mercredi 28 août : 90 km

Après notre heure et demie de préparation, nous reprenons la direction de la réserve par la porte nord afin de rejoindre Mababe à une quarantaine de kilomètre de Khwai. Nous payons à nouveau les 615 PWP pour nous 2 pour la journée et on suit les traces de Tracks4Africa sur le GPS. La piste (Mopane Road) est très sablonneuse et on rejoint les berges de la rivière Khwai… on observe alors un group d’hippos dont 1 cadavre en train de se faire dévorer par un crocodile et des impalas. Alors que nous sommes à l’arrêt, un groupe de femelles éléphants et leurs petits débarquent à l’arrière du 4×4 mais se dirigent directement vers l’eau sans trop prêter attention à notre présence… Après ce long arrêt, nous reprenons la piste sur quelques kilomètres, zigzaguons sur d’autres traces lorsque Sylvie aperçoit l’animal tant convoité : un couple de lions se prélasse à l’ombre d’un gros buisson. On quitte la piste pour aller se placer face à eux à une petite centaine de mètres. Notre présence ne parait pas trop les déranger. Après 10 mn, on repart mais un peu plus loin, on est stoppés net par un gué inutilisé. Vu la présence de crocodiles dans les alentours, on ne tente pas la traversée.

On fait donc demi-tour sur plusieurs kilomètre pour rejoindre un autre passage présent sur la carte. Mais après plusieurs tentatives, on doit se rendre à l’évidence : il n’ y a plus de passage possible au travers de la rivière et nous devons retourner à la porte nord. On décide de rentrer par la piste nommée Lepapana Road mais c’est une mauvaise idée : celle-ci est étroite et on frotte les côtés de la voiture contre les branches cassées par les éléphants. On perd un temps fou et on ne voit aucun animal. Et enfin vers midi, on repasse la porte nord. On prend la grande piste large au sable très blanc qui doit nous mener à Mababe. On cherche un coin pour manger mais rien. Peu avant Mababe, on aperçoit sur le côté gauche de la piste une famille de lycaons (genre de chiens sauvages plutôt rares). On s’arrête un moment sans qu’ils nous calculent…

On arrive au Mababe River Camp vers 15h00 sans avoir déjeuner. On a droit à un emplacement avec sanitaires individuel très propre, un évier avec plan de travail carrelé… Après le déjeuner, on se rend au bar du lodge pour visiter. 2 dames et 1 monsieur sortent de la piscine et on s’aperçoit que les 2 dames parlent français : Blanche et son amie sont françaises et le compagnon de Blanche, Dwayne, vient du Swaziland, une enclave indépendante, en Afrique du Sud. Eux deux vivent à Maun. Blanche organise des safaris et Dwayne est pilote d’avion. Ils nous donnent quelques conseils et on se retrouve un peu plus tard à l’heure de l’apéro pour plus d’infos. A 6 h pm (18h00 n’existe pas !), on se rejoint au bar et on discute jusqu’à ce que la patronne appelle ses 3 clients pour le diner. Même si on ne mange pas, on reste à leurs côtés pour continuer à discuter… Dwayne connait du monde et parvient à nous réserver 2 nuits au camp de Savuti, dans le Parc National de Chobe, alors que j’avais essayé depuis la France et la réponse avait été négative. On revient à notre tente tardivement avec le ventre vide.

Jeudi 29 août : 150 km

Jusqu’à hier, notre but du jour aurait été de traverser le PN de Chobe sans s’y arrêter et ça aurait été galère vu le temps que nous allions mettre. Mais grâce à Dwayne, nous n’avons que 80 km de piste pour rejoindre le camp de SLK tant convoité. A savoir qu’il est théoriquement interdit d’entrer dans ce parc national sans réservation dans un camp au préalable ! Il nous a conseillé de suivre la March Road, qui pour lui est plus roulante que la piste principale au sable profond. Elle s’avère tout de même difficile avec beaucoup de poussière grise mais les paysages et la faune de savane sont bien là… sans fauve apparent !

On déjeune sur une aire de pique-nique avant de se rendre au « Marabou waterhole », un point d’eau où viennent se ravitailler impalas, éléphants, girafes et phacochères…

On arrive au camp SLK de Savuti vers 14h30. Après l’administratif et les paiements du parc et du camp (très très cher : compter 100 € / nuit pour 2 personnes), on s’installe au campsite CV7 : un grand cercle au sable gris et poussiéreux avec un gros acacia au centre. Puis vers 16h00, on part en « safari » vers le léopard Rock sans léopard, pour rejoindre ensuite un point d’eau artificiel (il n’a pas plut depuis 2 ans). Il y a déjà quelques 4×4 aménagés safari pour l’observation d’abord des éléphants, puis des girafes. Un chacal traine dans les alentours aussi, mais c’est chacun son tour, du plus gros au plus petit…

Retour au camp. On dine à la lumière de nos frontales et dans la soirée, on entend un bruissement dans les feuilles mortes… il faut s’attendre à tout ! Mais ce n’est qu’un éléphant qui déambule à 10 mètres de nous, paisiblement ne jetant qu’un petit coup d’œil dans notre direction pour vérifier que nous ne lui voulons pas de mal… puis il disparait silencieusement dans la nuit. J’ai positionné un piège photo à la limite de notre emplacement qui filmera une civette à 1h11 puis au moment du lever à 6h18, un grand koudou.

Vendredi 30 août : 150 km

Debout à 6h20 pour un départ en safari vers 7h30 jusqu’à 12h00. On trace à travers la savane en passant par le point d’eau de la veille. Et à proximité, on tombe sur une meute de lycaons poursuivi par une meute de… « 4×4 safari à touristes » qui les poursuit méchamment ! Après quelques photos rapides, on s’extirpe de cette folie humaine qui ne respecte pas cette faune. A noter que le couple Alpha de cette meute (je parle des lycaons) venait de se repaître d’une proie, vu la couleur de leurs têtes. Puis, on verra à nouveau des éléphants, des girafes, des damalisques (antilopes), des autruches et des classiques impalas. Retour au camp pour le déjeuner.

L’après-midi, on retourne également à Marabou Waterhole où l’on reverra les mêmes animaux que la veille avec une attaque d’aigle s’abattant sur un groupe de pintades sauvages en pleine panique mais sans succès ! Puis on remonte vers Quarry Hill (on observe pour la première fois des élands du Cap) en direction de la Baobab Forest où de beaux spécimen trônent sur des blocs de rochers. Le soleil commence alors à descendre et on rejoint le campement. Et rituel de la soirée : on allume le feu ! Ce qui n’empêche pas le passage de 3 civettes dans le faisceau de nos lampes, des rugissements et barrissements pas très très loin…

Samedi 31 août : 100 km

Départ pour Muchenge. On commence par se planter de piste donc retour sur une dizaine de kilomètres puis on choisit de prendre un raccourci sur la carte, alors que le panneau nous envoie ailleurs : erreur stratégique car la piste est extrêmement mauvaise dans un sable profond et très bosselé. On est bien content d’en sortir pour rejoindre une piste bien plus large et à peine plus roulante…

Puis plus loin, 2 voitures sont arrêtées au milieu de la piste, dans notre sens… on descend et discutons avec les personnes du second véhicule (un Toyota Hilux), une famille espagnole. Le premier véhicule (Isuzu D-Max) qui tracte un « trailer » (remorque de camping tout-terrain) est ensablé… les espagnols ont bien essayé de venir en aide aux zambiens mais sans succès. Heureusement, une piste annexe permet de doubler le D-Max. Alors, on se place devant. On sangle les 2 véhicules. Je passe en 1ère courte, et j’avance tranquillement jusqu’en haut de la côte, en tirant sans problème le 4×4 et son attelage ! Le Land Cruiser est vraiment le véhicule au top pour les pistes botswanaises ! Ensuite, on retrouve (enfin !) le goudron, alors on regonfle les pneus jusqu’à Muchenje. On est à la frontière de la Namibie, au bord de la Bande de Caprivi.

On arrive à Muchenje Campsite à l’heure du déjeuner. Le camping est situé en surplomb de la grande plaine de la rivière Linvanti où paissent troupeaux de vaches et plus loin troupeaux de zèbres. On peut choisir notre emplacement : sur le premier, la vue furtive d’un gros reptile que nous prenons pour un crocodile, nous fait passer notre chemin… on en trouve un autre plus éloigné ! Mais en fait la personne de l’accueille nous dira plus tard que c’était un varan apparemment bien connu. On y retrouve la famille espagnole. L’après-midi est consacré à la vaisselle, la lessive et à la connexion wifi. Pour finir en beauté, le coucher de soleil sur la plaine est magnifique…

Dimanche 1er septembre : 80 km

On entre à nouveau dans le parc national de Chobe – on passe donc à la caisse – dans un secteur appelé River Front. C’est probablement le coin le plus joli et le plus riche en faune du Botswana. À voir donc. On longe sur 80 km la rivière Kwando et ses grandes plaines qui s’étirent jusqu’en Namibie. Tout au long de cette très jolie piste, en alternant bord de rivière et piste plus en hauteur, nous pourrons observer : les innombrables éléphants, zèbres, hippos, babouins, buffles, aigles pêcheurs et enfin quelques lionnes au repos, mais entourées d’une horde de 4×4 à touristes. On ne s’attarde pas !

On ressort du parc pour arriver à Kasane où l’on fait quelques courses puis on rejoint le camping du jour, le Thebe Safari Lodge. Notre emplacement n’est pas le plus sympa mais on fera avec…Le soir, on s’offre un bon repas au resto du lodge.

Lundi 2 septembre : 170 km

Départ à 7h en direction de la frontière à 10 km de Kazungula. Le passage vers la sortie du Botswana est rapide et côté Zimbabwe, le collègue de Pikki nous attend à 7h30 précise, comme convenu. Juste avant la sortie de la douane, un gradé tente un bakchiche mais le refuse avec le sourire et nil nous laisse continuer lui aussi avec le sourire ! 30 mn et 180 € plus tard, on repart pour 75 km de route goudronnée jusqu’à Victoria Falls, également nom de la ville construite spécialement pour l’accueil des touristes aux chutes Victoria. On trouve une place non loin de l’entrée du parc national, « surveillée » par un gars pas du tout officiel. Avant l’entrée, on discute avec une touriste française, grande voyageuse… et bien sympathique. L’entrée pour la visite des chutes Victoria est très chère (100 € / 2 personnes). C’est cher, oui, mais ça aurait été dommage de rater ce spectacle époustouflant situé à 2 pas du Botswana.

Les chutes Victoria (connues localement sous le nom de Mosi-Oa-Tunya qui signifie « le tonnerre de fumée ») sont des chutes d’eau situées sur le fleuve Zambèze, qui constitue à cet endroit la frontière entre la Zambie, à proximité de la ville de Livingstone , et le Zimbabwe. Le fleuve se jette dans la cataracte sur environ 1 700 mètres de largeur et d’une hauteur qui peut atteindre un maximum de 108 mètres.

Un ballet incessant d’hélicoptères survole les chutes. Au début, le bruit est agaçant mais ensuite, le vrombissement des Victoria Falls couvre allégrement le son des rotors ! On rencontre un couple de français (eux ont fait la petite baignade au bord du gouffre la veille) en voyage organisé le long des 15 points de vue que couvrent le chemin pédestre. On reste 2 heures dans le parc national avant de regagner notre voiture où notre « gardien » attend son pourboire ! Petite visite de la ville dont un petit endroit est un peu typique. On y trouve un petit resto sympa, Mama Africa, avant de rentrer au Botswana. Côté Zimbabwe, on retrouve le même douanier qui tente à nouveau une petite corruption amicale mais sans plus de succès qu’à l’aller… Côté Botswanais, il y a une barrière sanitaire qui nous oblige à désinfecter nos semelles de chaussures sur une serpillère imbibée d’une solution de soude et à passer le véhicule dans un « gué » du même produit.

Nous rejoignons à quelques kilomètres au sud de la frontière, le Senyati Safari Camp. Les emplacements au sol sableux ont leurs propres sanitaires avec terrasse couverte de chaume et surtout, il y a un point d’eau, certes artificiel, mais efficace puisqu’on va voir défiler une centaine d’éléphants dans la soirée à une cinquantaine de mètres de nous et ceci sans aucune clôture. Magnifique !

Mardi 3 septembre : 300 km

Journée de transition jusqu’à Nata par la route A33. Bonne route goudronnée. Nous arrivons au Nata Lodge à 14h30. Les emplacements ne sont pas top : sable profond avec peu d’ombre non délimités… Après notre installation et notre déjeuner, la fin d’après-midi est consacré à la préparation de notre futur itinéraire. On fait un feu, non pour chasser les animaux sauvages, mais cuire de la saucisse pour les pique-niques des prochains jours. Puis en soirée, on va diner au resto du camping, très bon d’ailleurs.

Mercredi 4 septembre : 130 km

On quitte le camping à 7h30. On s’arrête en ville pour acheter de l’eau et faire quelques courses au Choppies puis on rempli le réservoir ; un coup de klaxon nous fait tourner la tête : ce sont les zambiens que nous avons sortis du sable le samedi précédent… on se salue et on repart en direction du Sowa Pan, un pan étant un lac salé asséché (à la saison sèche), un peu comme un salar en Amérique du Sud. Après quelques kilomètres de route goudronnée, on prend une piste vers le sud, facile au début, puis elle se transforme au fil des kilomètres en devenant très poussiéreuse avec de grosses ornières. On passe à Tomaku : les seuls animaux présents sont des vaches, des chèvres, des ânes et des chevaux. Il n’y a absolument aucun animal sauvage en vue… On franchit une ancienne barrière sanitaire près du Makgadikgadi adventure camp et nous continuons jusqu’au Lekhubu Island Campsite. On s’arrête à l’entrée où le gardien, après règlement de la nuitée (très cher), nous explique la direction à prendre pour rejoindre les 14 sites de camping avec vue sur le pan et sanitaires…(Dixit le Lonely Planet).

On rejoint le bord du pan en faisant le tour de « l’île ». On croise 2 couples d’allemands qui cherchent eux aussi les emplacements avec sanitaires : mais de sanitaires, il n’y a que 2 petites cabines en plastiques avec des WC qui débordent et aucun des emplacements n’est avec vue sur le pan ! on trouve tout de même un petit coin sympa avec un peu d’ombre. Il y a bien des baobabs mais c’est l’hiver et leurs feuilles sont au sol. On déjeune sous sous le regard des calaos à bec jaune, avec la présence de nombreuses mouches bruyantes et très collantes. Des oiseaux aux couleurs chatoyantes nous observent également. On leur propose un bol d’eau et on doit le remplir à deux reprises tellement le manque d’eau se fait sentir…

Après le repas, on monte à pied au sommet de la petite bosse avec une belle vue sur le pan. On peut enfin se balader sans crainte d’être « dévorés » par un fauve ! En arrivant sur le camping, j’avais repéré une piste qui partait sur le pan, mais qui était absente de la carte et du GPS. Impeccable sur 4 km environ, ensuite les traces de plus en plus profondes partent un peu dans tous les sens et s’arrêtent, certaines tournent et font demi-tour… des véhicules se sont même enlisés mais ça devait être à la saison des pluies !??? Eh bien non puisque le Land Cruiser s’arrête tout net ! Et plus j’essaie d’avancer ou de reculer, plus les roues arrières s’enfoncent dans la boue salée… On descend pour se rendre compte de la situation et elle n’est pas des plus sympa, la situation ! Les pneus sont devenus complètement lisses, les crans étant remplis de terre et les ressorts à lames posent sur le sol. On est complètement bloqués, comme d’autres avant nous… qui ont abandonnés sur le sol des tasseaux en bois. On essaie donc de les glisser sous les roues mais rien ne se passe. On essaie 2 ou 3 fois sans succès. Finalement, je prend la pelle et Sylvie la louche (on fait avec ce qu’on a !) et on creuse pour essayer de soulever la roue arrière droite avec le cric. On aperçoit des 4×4 au loin et on espère qu’un d’eux va s’ aventurer sur pan mais non.

Il nous reste un peu de bois pour le feu et je pense m’en servir pour le glisser sous et à l’arrière de la roue… pendant ce temps, Sylvie a l’idée de récupérer des sacs de croutes de sel sèches et de les incorporer au bois. On fait de même pour la roue arrière gauche. À l’avant gauche, on glisse du sel également. On espère que ça va fonctionner car après 2h30 d’efforts, on est épuisés et le soleil se rapproche de l’horizon. Ce qui signifie que si on se sort pas de là, on devra passer la nuit sur le pan et aller chercher du secours demain matin à pied. J’avais déjà mis les vitesses courtes et j’actionne aussi les blocages de différentiel. J’enclenche la marche arrière et j’accélère à fond… et le 4×4 remonte sur le dur mais je continue sur une centaine de mètres pour éviter toute « rechute »… OUF !

Nous sommes crevés, courbaturés et très sales, mais nous sommes heureux de nous en être sortis tous seuls. Nous retrouvons notre emplacement avec difficulté car la nuit est là : j’avais pris soin d’enregistrer le point GPS.

Après un bon décrassement, on arrose la fin de la galère avec un bon apéro. Il nous restera à tout nettoyer dans les prochains jours : pelle, cric, et louche !

Jeudi 5 septembre : 120 km

À 6h15, nous montons au sommet de Lekhubu afin d’assister au lever de soleil sur le Sow pan. Nous arrivons juste à temps. Puis nous prenons notre petit-déjeuner en donnant à nouveau à boire aux petits volatils : c’est la foire d’empoigne pour trouver une place au bord du bol…

On reprend, au début, la piste de la veille jusqu’à l’ancienne barrière sanitaire, puis on traverse une petite partie de Nwetwe Pan, pan pas mal envahi par les hautes herbes. la piste est plutôt confortable et nous arrivons assez tôt au Planet Baobab (situé à 4 km à l’ouest de Gweta) pour le déjeuner. Il est 13h15. Les emplacements sont propres avec l’ombre d’un abri avec un toit de chaume, et les sanitaires communs sont très typiques et joliment décorés. L’après-midi est consacré à la lessive, à la vaisselle et à la préparation des jours prochains qui devraient nous conduire d’abord au Nxai pan National Park puis au Parc National du Kalahari Central (KCGR). Mais pour cela, on doit se rendre au bar pour avoir du wifi et une petite bière s’impose !

Vendredi 6 septembre : 140 km

Avant de quitter Gweta, on tente de faire quelques courses à la supérette du village mais les rayons sont quasiment vides… Ensuite c’est 1 heure de route goudronnée mais avec des trous gigantesques au milieu (route A3) pour rejoindre l’entrée du Parc National de Nxai Pan. Ce sont les formalités habituelles avec en plus l’enregistrement au camping South Camp de Xomae Group. On dégonfle les pneus car la dame de l’accueil nous prévient que la piste est très sablonneuse et c’est parti… Après 17 km, on se décide à faire le détour par Baine’s Baobabs par la piste indiquée 14 km, lieu conseillé par une serveuse du camping précédent. Quelques oryx se reposent dans une savane brûlée sur des centaines (milliers ?) d’hectares. La piste est par moment horrible : on est ballotés, secoués, tassés et ces 14 km nous paraissent interminables ! On arrive enfin sur le site qui est, en effet, très beau mais le pénible détour en valait il le coup ? Puis on revient par la piste 12 km, plus facile au début, car on plusieurs kilomètres sur le pan. Et la piste devient pire que l’autre, c’est pas peu dire…

On reprend la piste principale sur encore 20 km, souvent cassante. On s’arrête rapidement près d’un gigantesque baobab, noté en lieu de pique-nique mais sans aucune table ou banc. On arrive enfin au South Camp où il y a encore un enregistrement à faire et on profite pour faire quelques courses dans la petite boutique bien achalandée.

On se rend ensuite sur notre emplacement, le XN8, sans ombre mais avec braï et place de feu. À notre arrivée, 2 éléphants boivent dans un trou artificiel qui s’avèrent être les égouts des ablutions (nom donné aux sanitaires). Après le repas sur XN6 ombragé, on part faire un petit safari en direction du point d’eau principal : chacals, otocyons, springboks, éléphants, outarde… On rentre de nuit au camp. Nous allumons un feu pour éloigner les animaux dangereux mais un couple de chacal nous accompagne tout au long du repas !

Samedi 7 septembre : 290 km

Pour commencer la journée, quoi de mieux qu’un petit safari ! Donc dès 6h00, on part pour 3 heures à la recherche de nos animaux favoris et ça fonctionne car vers le point d’eau, 4 lionnes viennent d’aller boire et partent maintenant se nourrir… un 4×4 les poursuit. Nous décidons de ne pas le faire par respect pour ces magnifiques fauves ! Pendant 3 heures, on sillonne les pistes principalement à la recherche de divers félins mais on ne verra rien de plus que la faune habituelle, alors à 9h00, on rentre au camp pour prendre notre petit-déjeuner.

Puis on quitte le parc national pour les 40 km de pistes en 2h00 pour rejoindre la route A3 où l’on retrouve les « marmites de géant » dans le goudron ! Nous avions décidé de nous rendre le long de la rivière Boteti et de dormir vers Kumaga et ensuite de nous rendre dans le parc national du Kalahari Central (CKGR) mais en passant le pont sur la Boteti River à Motopi, celle-ci est à sec ou presque, hormis quelques poches d’eau… Après moultes hésitations, on s’arrête sur un parking pour réfléchir et se concerter :

  • en effet, nous avons le dos cassé par les pistes botswanaises malgré un excellent véhicule,
  • Les paysages sont souvent très monotones et plats, hormis quelques exceptions,
  • Et la faune : on a vu des centaines d’éléphants, des lions et beaucoup d’autres animaux mais il s’avère que l’on en a suffisamment observés et que maintenant, nous souhaitons voir des paysages, des reliefs et l’océan…

Alors c’est décidé, nous quittons le Botswana pour revenir en Namibie afin de finir ce voyage sur une note différente et surtout ne pas revenir en France déçus, alors, on fait demi-tour pour revenir vers Maun et le Sitatunga Campsite, au sud de la ville. Il est très fréquenté par les tours opérateurs mais on est placé dans un petit coin tranquille.

Dimanche 8 septembre : 513 km

Départ à 8h30 pour la frontière et le Ekori Lodge & Campsite côté botswanais. Longue journée en perspective mais la route est bonne et j’avance bien. Je me suis habitué à ce Land Cruiser et je fais un 100 km/h de croisière. À noter que les routes namibiennes et botswanaises sont limitées à 120 km/h ! On s’arrête à Ghanzi pour faire quelques courses au Spar en plus du plein de gazole. On arrive à 16h00 au camping : on paie assez cher l’emplacement et l’hôtesse d’accueil nous montre ce qui , pour nous, est un petit parking poussiéreux sans ombre au bord de la route fréquentée par les camions de taille impressionnante ! Finalement, on décide de partir et demandons le remboursement qui devrait se faire par virement…

On se rend donc à la frontière toute proche. Côté botswanais, pas de souci mais côté namibien, ça se complique. La douanière nous fait vider tous nos fruits et légumes achetés le matin même à Ghanzi alors qu’un garde botswanais de la barrière sanitaire de Kuke nous avait dit que ça ne poserait pas de problème à la frontière ! Les produits sont soi-disant détruits mais à notre avis, les douaniers vont se servir amplement ! Nous sommes en colère et le faisons savoir à la douanière, qui reste droite dans ses bottes. Bref, on traverse un gué de soude avec le 4×4, tout en ayant encore pris soin de désinfecter nos semelles de chaussures.

Puis on se rend à Zelda Guest Farm à quelques kilomètres de la frontière pour y passer la nuit. Nous y sommes très bien accueillis et les emplacements sont sympas : le cadre est bucolique. Et les propriétaires se mettent en quatre pour nous réserver un guide que l’un des patrons connait, et qui nous conduira à Sandwich Harbour lorsque nous arriverons à Walvis Bay, mais tout ça, c’est pour mercredi prochain.

Lundi 9 septembre : 440 km

On a environ 300 km à faire pour rejoindre la capitale. Ca se fait assez bien. On traverse la ville sans problème et on prend la direction de Walvis Bay par la piste C26 qui part d’abord vers le sud est. On s’arrête au Kupferberg Pass à 2072 m d’altitude pour déjeuner. On en reprend la piste, non sans avoir diminuée la pression des pneus à 1,8 bars (conseil de Savanna pour les pistes en graviers).

On a prévu de passer la nuit au Hakos Campsite situé à 7 km de la C26. On part « au bout du monde » pour atteindre un complexe lodge / camping / observatoire. La patronne de la ferme, d’origine allemande, est très accueillante et nous indique le chemin à suivre pour nous rendre sur le site du camping, très isolé du reste. Dans un hangar, des ouvriers découpent de la viande de leur élevage.

Nous rejoignons ensuite le camping où un couple de namibiens et 4 de leurs 10 enfants occupent la salle hors sac. Notre emplacement est vraiment sympa avec braï et appentis face au coucher de soleil. On discute un long moment avec le couple. Les 2 sont éducateurs à Windhoek et sur leurs 10 enfants, 8 sont adoptés ! Le coucher de soleil sur le massif du Gamsberg est top avec apéro au gin de l’Okavango…

Mardi 10 septembre : 260 km

Dès le matin, on reprend la C26 pour franchir le Gamsberg Pass à 1867 m d’altitude. À partir de là, le spectacle est grandiose : défilé dans des gorges, piste en lacet vers un plateau de sable orange, désert. On ne regrette pas cet itinéraire vraiment magnifique !

Puis on rejoint la C14 qui franchit le Kuiseb Pass à 905 m d’altitude, moins haut que le précédent car oui, on descend en direction de l’océan Atlantique. Il y a maintenant beaucoup plus de touristes car cette piste remonte de Sesriem et le désert du Namib. On est déjà passés là en 2018 dans le sens nord /sud et on reprendra cette piste après demain. On déjeune vers un belvédère où trônent 3 arbres à carquois. On redescend sur le grand plat désertique. Puis, en milieu d’après-midi, on arrive à l’emplacement du camping où nous voulions dormir mais on est dans le Namib – Naukluft National Park, alors il nous faut un permis pour pouvoir y dormir, ce que nous n’avons pas. On grimpe tout de même sur les rochers pour observer le désert et on repart en direction de Walvis bay où les flamants roses sont toujours aussi nombreux.

On rejoint le Lagoon Chalets & Caravan Park où nous avions dormi en 2018. Camping en ville et sans charme mais avec des emplacements bien délimités et propres. Comme, il est assez tôt et que le soleil se couche 1 heure plus tard qu’au Botswana, on part faire une balade au bord de la mer. On côtoie de près des centaines de flamants roses. Puis on rentre se réchauffer au resto du camping car les températures sont ici bien plus fraîches qu’auparavant.

Mercredi 11 septembre : 55 km

Ce matin, le célèbre brouillard a envahi la ville et la toile de la tente est bien mouillée; De plus, il fait froid, alors, nous montons prendre notre petit-déjeuner dans la laverie, à l’étage des sanitaires où 2 tables sont installées. On referme la tente encore bien humide et on part à la recherche du bureau du parc national afin d’acheter nos permis de camper pour ce soir, là où nous voulions camper cette nuit. Il faut être motivé pour le trouver car il se trouve caché derrière mur et dans une petite rue à côté du port, au ministère de l’environnement et du tourisme, rue Heinrich Baumann.

On a rendez-vous avec Miguel, le patron de MAD Travels & Tours, à 12h00 pour notre périple à Sandwich Harbour et on tue le temps en allant au centre commercial Dune et en remplissant le réservoir de gazole avec 115 litres de carburant. À midi, on retrouve notre chauffeur avec son Toyota Fortuner et c’est parti pour 5h00 de « piste » le long de la plage et dans les dunes. On longe les salines dont le sel est réservé à l’industrie, puis on prend la direction de la plage. On surprend des phoques gris en train de se prélasser sur le sable : on rejoint les première dunes du Namib à 80 km/h dans le sable mou. Miguel prend ensuite la tangente pour franchir diverses dunes pour avoir des points de vue en hauteur. Et en voulant redescendre par un mur de sable au-dessus de la mer, il plante son 4×4 sur le ventre ! C’est un touriste qui va tirer le Fortuner vers l’arrière avec son treuil. On en profite pour descendre ce mur impressionnant à pied ! Et on regarde notre pilote franchir la crète et redescendre tout tranquillement… ce qui nous rassure. Et ensuite c’est une suite de franchissements de dunes pour atteindre Sandwich Harbour, qui était dans les années 1930, un port de pêche et de commerce allemand. Aujourd’hui disparu, c’est devenu un sanctuaire pour la reproduction des oiseau. Son nom viendrait du baleinier anglais Sandwich, dont le capitaine traça la première carte de la côte. C’est marée haute et de ce fait, on ne peut pas longer la plage tout le temps pour y arriver. La vue est grandiose sur la lagune. Puis retour en ville de nouveau par les dunes jusqu’au delta du Kuiseb où l’on déjeune au milieu d’une végétation de dune.

On surprend ensuite quelques springboks et une autruche mâle et on rentre par la plage à une vitesses excessive à mon sens mais Miguel, il assure ! À 17h00, on est de retour à Walvis bay et on reprend notre Land cruiser à une vitesse plus raisonnable. Il est 18h00 quand on atteint le campsite de Vogelfederberg où l’on se retrouve totalement seuls au milieu du désert. On grimpe à nouveau sur les roches pour la vue sur le désert et le coucher de soleil…

Jeudi 12 septembre : 265 km

Journée de liaison pour rejoindre Sesriem et l’entrée du désert du Namib : on ne pouvait quitter la Namibie sans repasser par Sossusvlei… Mais en attendant, on va faire pas mal de piste en repassant en partie par l’itinéraire de l’avant veille, donc par le canyon du Kuiseb et le Kuiseb Pass par la C14. On retrouve ensuite Solitaire qui est un peu ce que Bagdad Café est à la route 66 aux USA. Il y a beaucoup de monde. Il y a une station essence, une boutique, un atelier de réparation de pneu, un bar et un restaurant et les célèbres épaves de voitures américaines mais pas que, puisque 2 Peugeot 404 y sont présentes.

On prend ensuite la M36 pour rejoindre Sesriem où on arrive en début d’après-midi. On s’installe à l’Oasis Campsite, à l’extérieur du parc national, ce qui a son importance pour le lendemain. Car en effet, pour favoriser le camping du parc national, les campeurs ont le droit de partir 1 heure plus tôt et revenir 1 heure plus tard le soir. Du coup, les tarifs sont plus élevés et les emplacements moins sympas. On le sait car nous avions choisi cette solution en 2018. L’oasis Campsite est top avec de beaux emplacements et des sanitaires personnels, une terrasse ombragée et la traversée d’un oryx au beau milieu du camp et le soir la visite des poubelles par un chacal qui a éparpillé nos déchets un peu plus loin : du coup on va les ramasser à la frontale.

Vendredi 13 septembre : 210 km

Debout à 5h30 en prévision de la file d’attente à l’entrée du parc. C’est un peu tôt mais on a eu le nez fin car nous sommes les cinquièmes à passer sur un grand nombre de voitures de particuliers, de 4×4 touristiques et de bus. il y a 60 km de goudron pour rejoindre Sossusvlei et le parking principal. Cette fois-ci, nous pouvons faire les 4 derniers kilomètres dans le sable avec nos 4 roues motrices qui fonctionnent, contrairement à 2018 où nous avions dû prendre une navette. Puis balade à Deadvlei, le célèbre pan et ses arbres fantomatiques poussés il y a 1000 ans et morts 100 ans plus tard…

Là une armée de chinois(es) complètement excités et bruyants agrémente ce lieu qui mériterait le silence tant la beauté du paysage est exceptionnel. Contrairement à 2018, on traverse complètement l’étendue de sel et on grimpe difficilement sur l’arête d’une dune, à 2 pas d’un oryx. La vue est grandiose et on s’attarde longtemps… avant de revenir tranquillement à la voiture, après 3h30 passées au milieu de ces géantes aux teintes orangées. On trouve un joli endroit, en arrière du parking, pour pique-niquer. Un oryx nous approche très très près et du coup, on devient avec l’animal, un peu l’attraction des touristes avec guide qui passent à côté de nous.

On reprend ensuite la route en sens inverse et on paie l’entrée du par à la sortie. On rejoint la C19 puis la D854 par des paysages dignes des « States ». On arrive au Tsauchab River Camp où l’on bénéficie d’un gigantesque site de camping pour nous tous seuls ! À 19h00, la cuisinière nous pousse avec insistance à venir nous installer à la table du resto du lodge et à la table d’à côté sont assis un couple de jeunes mariés français. Nous discutons tout le temps du repas sur nos impressions de voyage car eux aussi arrivent presque au bout… la cuisinière serveuse nous presse pour finir son service à 20h00. Puis nous rejoignons notre campement à la frontale à 500 m du lodge.

Samedi 14 septembre : 288 km*

C’est le jour ultime et nous fermons pour la dernière fois la tente de toit, rangeons nos sacs de couchage et faisons nos sacs. Puis avant de quitter le camp, nous rendons visite aux jeunes voyageurs pour leur donner le reste de nos tranches de pain, car ils sont en rupture de stock et nous, on en a plus besoin. Nous nous connectons également pour nous enregistrer pour le vol retour, qui décolle ce soir à 18h50.

Au début, notre itinéraire se fait plutôt par de bonnes pistes, puis avant Rehoboth, le goudron vient remplacer le gravier. Nous déjeunons à la sortie de la ville, non loin d’un camping visité 6 ans plus tôt. Vers 15h00, nous arrivons à l’agence Savanna. Après les formalités de retour, nous quittons avec un peu d’émotion tout de même notre tente à 4 roues, qui nous aura permis sans encombre, de visiter le Botswana mais aussi un peu la Namibie. La navette nous ramène à l’aéroport vers 16h30. de très gros travaux sont actuellement en cours pour la construction d’une autoroute (la première du pays) qui mène du sud de la capitale à l’aéroport.

Nous décollons à l’heure car le trafic de l’aéroport est assez réduit. Comme à l’aller, la nuit est longue et difficile et à 5h00, nous touchons le sol allemand. À 6h20, nous reprenons l’autoroute pour un retour rapide de 4h00 pour retrouver la maison…

Voici maintenant l’heure de conclure ce voyage par nos impressions :

Ce fut un voyage très réussi malgré la préparation tardive. 3 semaines d’une météo parfaite avec seulement un peu de grisaille le dernier jour… des températures fraîches à très fraîches le matin (de 5° à 10°) et 25° à 35° l’après-midi. Dans l’ensemble, l’accueil des botswanais d’origine est plus chaleureux que celui des namibiens, en sachant qu’il y a moins de touristes au Botswana qu’en Namibie. Le Botswana est réputé pour sélectionner les très riches touristes : à savoir que les nuits en lodge varient de 800 $ à 3000 $, pas par semaine mais pour 1 nuit seulement ! Les campings eux aussi sont assez chers mais sans commune mesure avec les lodges… D’autre part, il faut savoir que beaucoup de campings, en particulier dans les parcs nationaux ne sont pas clôturer et que la faune peut s’inviter près de votre tente.

Ce que nous avons aimé :

  • la profusion de la faune en particulier des éléphants
  • l’approche des lions
  • les parcs nationaux qui ne sont pas clôturés contrairement à Etosha en Namibie
  • la location du Land Cruiser et sa tente de toit Moremi, facile à déployer et à replier, chez Savanna Hire Car
  • les chutes Victoria
  • Deadvlei et les dunes du Namib
  • la balade à Sandwich Harbour
  • le survol du delta de l’Okavango avec cette compagnie
  • les paysages de Namibie

Ce que nous avons moins aimé :

  • les paysages assez monotones au Botswana, le pays le plus plat d’Afrique
  • les forêts souvent dévastées par les éléphants
  • les pistes de sable souvent très défoncées et du coup nos dos aussi !
  • les tarifs de certains campings au Botswana
  • les prix excessifs pour 1 journée au Zimbabwe (passage de frontière + parc national)
  • l’absence des léopards et des guépards

Réponses

  1. Avatar de brief1700fdef7d

    c’est génial ! Quel travail pour écrire tout celà et c’est super intéressant. Avec bien sûr des photos géniales . Je vais revenir lire tout ça pour mes soirées au coin du ventilateur !

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    1. Avatar de lioneltavernier

      Merci pour tous ces compliments. Au moins je sais que mon travail est utile. 🙂

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