Pour voir la vidéo, c’est ICI.
Après cette 7ème visite en pays Sami, nous sommes toujours aussi enchantés des espaces sauvages d’ Europe du Nord. Mais cette fois-ci, nous avons séjourné tout au nord de la Norvège, entre Alta, où nous avons atterri, et le Cap Nord (ou NordKapp) où nous étions déjà allés en été 2012…
Nous avons pris l’avion à l’aéroport de Bâle – Mulhouse : 2 escales (Francfort et Oslo) et 3 compagnies aériennes (Dolomiti, Lufthansa et SAS), le tout réservé sur Booking. Les vols nous ont coûté 604 € pour 2 avec nos bagages en soute. Ce tarif agressif s’explique par le nombre d’escales et par une réduction de fidélité sur Booking.
Nous avons également réservé une Toyota Yaris Cross, petit SUV 4×4 (au vu des conditions de circulation délicates) chez Hertz, avec une demande de pneus cloutés, indispensables suite à la frayeur du dernier jour de notre dernier séjour en 2023.

Côté logements, nous en avons réservé 3 différents, via Airbnb et Booking à Leirbotn Kviby, Skarsvåg et Skaïdi.
Et c’est parti…
Samedi 31 janvier 2026 :
Pour un décollage prévu à 10h45 de l’Euroairport de Basel – Mulhouse – Freiburg situé à 1h35 d’autoroute de la maison, nous partons à 6h45. On arrive à l’heure sur le parking officiel F4 situé à 5 mn à pied de l’aéroport. Comme d’habitude, on enregistre les bagages en soute, on passe les contrôles de sécurité et on décolle à l’heure. Nous embarquons dans un Embraer E195-E2 de la compagnie italienne Dolomiti (propriété de Lufthansa) de 120 places. Après 55 mn de vol, nous atterrissons à Francfort. Environ 1h30 d’escale pour reprendre un Airbus Luftansa. La neige au sol fait son apparition juste au nord de Francfort… jusqu’à Oslo. Même attente à l’aéroport. On doit récupérer nos bagages enregistrés pour les réenregistrer à nouveau car nous changeons de compagnie. On embarque à l’heure dans l’Airbus SAS, mais le pilote nous annonce un problème électrique à bord… pas très rassurant mais 1/2 heure après, nous décollons enfin. Nous arrivons malheureusement de nuit à Alta avec environ 10 mn de retard.
Avant de reprendre nos bagages de soute qui tardent à arriver sur le tapis roulant appelé aussi carrousel, nous nous rendons au bureau Hertz, qui à notre grande surprise est ouvert car nous pensions récupérer les clés de notre Toyota dans un distributeur automatique. Après avoir signé quelques papiers, l’agent nous tend nos clés : pas une Toyota Yaris Cross mais une Volvo XC60 AWD T6, de quelques 350 cv. Le surclassement est sympa et le véhicule est équipé de pneus cloutés, comme nous l’avions demandé lors de la réservation.

Après avoir appairé notre smartphone au système multimédia, nous réglons notre itinéraire avec Maps afin de rejoindre notre premier logement. Comme prévu, la route est enneigée voire verglacée et nous arrivons à 21h00 à la maison. L’intérieur est à l’image des photos et c’est magnifique… On vide nos valises dans les placards, on fait le lit et on part ce coucher après cette longue journée de voyage…
Dimanche 1er février 2026 :
Ce matin, nous avons décidé d’être cools. La vue depuis les baies vitrées est magnifique : la mer, des îles et des montagnes enneigées tout autour. La maison est sans voisin proche et le calme est absolu… Après le petit déjeuner, on finit de s’installer puis on part se balader sur la petite route qui va de Leirbotn à Djupvik. Environ 2 km aller : on est alors au bord de la mer.
Rapidement on observe plusieurs dauphins à environ 30 m de la plage : c’est splendide ! Malheureusement, la batterie de l’appareil photo s’est vidée avec le froid et c’est avec le smartphone que je les filme…
Après ce merveilleux moment, on remonte jusqu’à la maison en se disant que l’on reviendra voir les dauphins avant de quitter le secteur, après-demain.

On déjeune à la maison. Puis je pars seul randonner en raquettes avec le but de gravir le Dønnevar à 495 m d’altitude. La randonnée n’est pas très difficile mais le manque d’entrainement et la neige assez profonde au début ne me facilite pas la tâche… Et bien que le ciel soit chargé, la vue sur le fjord est très belle. Il est seulement 15h00 et la nuit tombe déjà alors qu’il me reste encore à gravir la dernière pente. Je décide de faire demi-tour. Avec la fatigue, la décision est facile à prendre… Du coup, j’arrive à la voiture de nuit. Avant de rentrer à la maison, je fais un léger détour vers la petite église éclairée de Kviby. On observe le lever de lune depuis la terrasse.
Lundi 2 février 2026 :

Ce matin, on part au sud d’Alta dans le hameau de Gargia qui se situe non loin du célèbre canyon d’Alta visité en 2021, à 60 km de la maison. En cours de route, Sylvie aperçoit un élan couché non loin de la route : photos obligatoire !

Heureusement que j’avais repéré le départ de la randonnée pour Orvvosfossen sur Google Street, car le petit panneau en bois situé entre 2 bâtiments du centre touristique de Gargia est très discret. Il fait ce matin -9°C, ce qui n’est pas très froid et le ciel est relativement clair. On fait un bon bout de chemin en forêt en direction des chûtes d’Orvvors, fossen voulant dire cascade. La trace est très bien faite et c’est facile d’atteindre le pied des cascades. Passé la limite des arbres, le vent est fort, du coup le ressenti est glacial. On traverse le torrent de glace… pour grimper sur la gauche des chûtes. On rejoint le plateau supérieur pour obtenir une meilleure vue sur les montagnes avoisinantes.
Le retour s’effectue par la même trace et on déjeune à l’abri de la Volvo.
On passe une partie de l’après-midi à Alta pour diverses courses, en particulier dans le magasin nordique Biltema : bricolage, camping, pêche, plongée, nautisme… On s’arrête également près de la « cathédrale des aurores boréales » à la forme singulière et recouverte de titane.
Mardi 3 février 2026 :
Ce matin, nous quittons Leirbotn pour rejoindre le Cap Nord. L’accès est possible puisqu’il n’a pas neigé depuis notre arrivée. Les applis « Vegvesen Trafikk » et « Yr.no » sont très utiles pour voyager lors de hiver arctique en Norvège. En effet, en fonction des conditions de circulation et d’enneigement, certaines portions de routes peuvent se parcourir en convoi ou même être fermées.
Mais avant, on retourne voir les dauphins qui se trouvent être aux abonnés absents, contrairement à un élan…

Alors on prend la direction de Skaïdi par la E6 puis la E69 qui longe le Porsangerfjord. Il fait beau avec une température autour de 0°C. Les paysages sont magnifiques, les couleurs arctiques grandioses… La route est très souvent enneigée mais c’est parfois la glace qui affleure, alors la plus grande prudence est de rigueur. On atteint le tunnel sous la mer qui relie le Continent à l’île du cap Nord.
On passe non loin d’Honningsvåg pour rejoindre directement le célèbre NordKapp par une route verglacée, sinueuse et exposée au vide (pas de rails de sécurité). Nous arrivons au Cap Nord touristique sous la tempête de grésil. 35 €/p pour visiter le minimusée, la boutique et le restaurant !!! Nous allons directement au bord de la falaise avec son globe terrestre qui marque l’extrême nord de l’Europe. Enfin presque, car ce site touristique est battu par une langue de terre située non loin d’ici, le Knivskjelodden que nous avions atteint en 2012, par une randonnée de 18 km A/R. Aujourd’hui, on doit se battre contre les éléments pour rester debout !
Et finalement, on reprend la même route pour rejoindre Skarsvåg, où nous attend notre logement. On arrive sous une petite pluie. Bien que nous soyons attendus, l’accès de l’appartement n’est pas du tout déneigé. C’est simple, propre, sans plus. Une fois installés et malgré la pluie, on part visiter le village et le port à la lumière des lampadaires. Rien d’exceptionnel. La balade est quelque peu casse-gueule et la pluie redouble. On revient trempés à l’appart.
Mercredi 4 février 2026 :
On quitte Skarsvåg au matin sous la grisaille pour s’arrêter à Honningsvåg pour quelques courses au Rema1000 de la ville portuaire. On fait un petit tour rapide au centre-ville et on reprend la route de la veille en sens inverse.
La route s’avère plus dangereuse que la veille car la pluie a lavée la neige et il ne reste que la glace à la surface du bitume : c’est là que les pneus cloutés sont les plus utiles… Malgré tout, la Volvo arrive à faire de petites embardées. La météo n’est pas aussi belle qu’hier et les arrêts photos se font rares. On arrive à Skaïdi un peu avant la tombée de la nuit, vers 15h00…
On a largement le temps de s’installer et de prendre nos marques dans notre nouvelle demi-maison. En effet, cette maison en U est partagée avec les propriétaires : 1 seule clé pour le bâtiment et notre partie ne ferme pas à clé : mais pas de souci, les norvégiens sont honnêtes.
Jeudi 5 février 2026 :

Après le déneigement de la voiture – il est tombé une dizaine de centimètres de neige – on fait quelques kilomètres pour faire une randonnée raquettes jusqu’à un petit sommet…
Pendant une grosse partie de la rando, on suit le balisage d’une piste de motoneige, inutilisée de puis un moment… ça nous aide bien car le ciel et la neige se confondent : pas vraiment un jour blanc mais les repères sur la toundra sont rares, un fois la limite des bouleaux franchie. Il fait nettement plus froid qu’en bas car absolument rien n’arrête le vent. On arrive enfin au sommet par une pente raide. La vue au sommet porte loin mais c’est une suite bosses blanches. Les lacs en contre-bas sont recouverts de glace et de neige et sont invisibles.
Pour déjeuner, on rejoint les bouleaux afin de se mettre un peu à l’abri du vent. Puis on rejoint la voiture puis l’appartement tout en faisant une halte à la station pour ravitailler la voiture et nos estomacs…
Vendredi 6 février 2026 :

Comme hier, il me faut déneiger la Volvo avant de prendre la route vers le nord ouest en direction de la ville d’Hammerfest, porte des expéditions aux Svalbard et au Pôle Nord. Il y a 60 km de route.
La météo restera très variable toute la journée, entre éclaircies et chûtes denses de neige ou de grésil. On se gare dans les extérieurs de la ville, car comme partout en Norvège et même dans les toutes petites villes, les places de parking sont payantes et chères. On fait d’abord une visite à pied. On découvre à Hammerfest les trottoirs chauffants et donc sans neige !
On sait qu’il y a la « fête Nationale » des Samis cet après-midi avec produits locaux, expo peintures et concert en fin de journée… on part donc faire un petit tour au village de Forsøl, à une dizaine de kilomètres de la ville, pour revenir pique-niquer à Hammerfest.
Forsøl est un minuscule port situé au nord est d’Hammerfest. Il n’y a pas grand chose à voir mis à part le port et ses séchoirs à morues.
Donc retour à Hammerfest, et c’est au belvédère que nous pique-niquons dans la voiture, faces à la mer. Nous avions espérés un moment manger dans un restaurant sami très typique, situé près du belvédère mais celui-ci fermé…
Le festival Sami ne commençant qu’à 15h30, nous reprenons notre place de parking du matin et refaisons un tour à pied dans la ville en attendant l’heure puis avec un peu d’avance on entre dans le Centre Culturel : il y a à tout casser 3 exposants (rien de très intéressant), un petit point de restauration (on n’a plus faim !) et l’expo peinture n’est pas encore ouverte… le concert Sami n’est qu’à 18h30. Finalement, on abandonne et comme il fait maintenant nuit, on reprend le chemin du belvédère pour quelques photos supplémentaires.
Retour au bercail… Les propriétaires arrivent discrètement dans la soirée.
Samedi 7 février 2026 :

Encore une peu de déneigement ce matin, avant de partir pour la capitale Sami, Karasjok. La ville est située plus au sud et dans les terres, on peu donc espérer un froid polaire !
On reprend le E6 en direction du Porsangerfjorden que l’on suit vers le sud en longeant le fjord. La météo est avec nous et le soleil aussi bien qu’il reste assez bas sur l’horizon.
Au niveau de Kolvik, on tourne sur la gauche sur la FV185 pour rejoindre le site de Trollen i Trollholmsund que nous avions visité en 2012. On laisse la voiture sur un parking enneigé à gauche avant la ferme de Trollholmsund. Le sentier est balisé et part à droite après le petit groupe de 2 maisons.
On redécouvre le site sous la neige ce qui nous donne l’impression de découvrir ces fameux trolls qui sont des formations de dolomie uniques que l’on peut voir au bord du rivage. Une légende sami raconte comment ils ont été créés :
« Un groupe de trolls traversait le plateau de Finnmarksvidda. Ils portaient un grand coffre rempli d’argent.. Ils descendirent jusqu’au fjord de Porsanger près d’Igeldas. Le long voyage les avait rendus assoiffés. Les trolls ont pris une longue paille et aspiraient l’eau de la terre. Depuis lors, l’eau provient de la source de Ráigeája, ce qui signifie « source du trou ». Les trolls poursuivirent leur voyage le long du fjord. Les gens n’aimaient pas cela, alors ils ont suivi les trolls en bateaux, et tirer des coups de canons sur eux. À Badjeolbmuidnjárga à Kolvik, juste au-dessus de la marque de la marée haute, plusieurs trous ont été crées par les boulets de canon. Plus tard, cet endroit a été appelé Raigebakti, ce qui signifie la roche perforée. Ici, les trolls durent laisser derrière eux le coffre rempli d’argent. Ce coffre a été transformé en un rocher appelé Ádjábumbbá (Poitrine d’homme) par les gens ici. Le coffre est encore visible juste au-dessus de la marque de la marée haute.
Lorsque les trolls arrivèrent à Trollhomsund, la marée était haute et ils ne savaient pas comment traverser le fjord de Porsanger.
Il était trop long d’attendre la marée basse afin de pouvoir traverser le fjord à gué. Ils devaient agir vite et décidèrent que la meilleure solution serait de changer l’emplacement des deux îles Trollholmen et Tamsøya. Tamsøya était assez grande pour s’étendre à travers le fjord de Trollholmsund à Børselvnes. Ils pourraient alors traverser sans mouiller leurs pieds. Cependant, avant qu’ils ne parviennent à mener leur plan à exécution, le soleil se leva et les trolls furent tous transformés en pierre.«
Après nous être imprégnés de cette légende et de l’ait frais iodé, nous reprenons notre trace de l’aller pour rejoindre le parking.
Nous rejoignons ensuite la E6 et rapidement sur la droite de cette route, on aperçoit enfin une petite harde de rennes…
On continue en traversant la petite ville de Lakselv. Il nous reste 75 km pour arriver à Karasjok en traversant les paysages désertiques de la toundra émaillée de lacs gelés. La température extérieure sur le tableau de bord descend au fur et à mesure de notre progression pour atteindre – 17°C à notre terminus. Nous sommes à une vingtaine de kilomètres de la frontière finlandaise. On commence par trouver un petit restaurant au centre de cette petite ville arctique, aux rues larges et aux maisons éparpillées. On jette notre dévolu sur le Kjell Kafe dont les avis sur internet sont excellent. L’organisation est celle d’un fast-food à l’ancienne mais on peut y manger de la viande de renne très bien cuisinée…
Puis on fait une petite balade frisquette jusqu’à la petite église en traversant la rivière gélée Karasjohka. Une dame d’un certain âge nous précède avec sa trottinette à patins appelé spark.
On reprend la voiture pour rejoindre le Sapmi Park, une sorte d’écomusée Sami avec activités diverses, restaurant et boutique souvenirs. Il est 15h30 et la boutique ferme à 16h00. Il nous reste peu de temps pour faire le tour tellement cette boutique est riche de produits typiques et artisanaux… malgré quelques chinoiseries tout de même. La nuit commence à tomber (plus tard ici car plus au sud) : il est donc temps de rentrer et de faire les 180 km retour.
Dimanche 8 février 2026 :
Nous sommes arrivés au terme de notre séjour aux confins septentrionaux de l’Europe. Notre avion décollant à 14h10, nous prenons notre temps pour quitter la maison mais également sur la route. Nous avons 82 km pour rejoindre l’aéroport, alors on profite des paysages même si la météo n’est pas très favorable aujourd’hui.
Après avoir rempli le réservoir de la Volvo, on la replace au même endroit sur le parking. On dépose les clés dans la boîte à clés des compagnies de location puis on fait le circuit habituel pour rejoindre la porte d’embarquement. Après la phase « dégivrage » des ailes de l’Airbus, on décolle d’Alta.
Nous ne ferons pas d’escale à Oslo mais un vol direct jusqu’à Francfort. Ca aurait pu être parfait si nous n’avions pas eu une escale de 4h00 avant de reprendre notre vol pour Bâle – Mulhouse. Mais bon, le prix attractif de l’aller/retour justifie ces durées interminables pour rejoindre et revenir du Grand Nord !
Retour sans encombre à 0h45 à la maison.
Ce que nous avons aimé :
- Le prix du voyage aller/retour
- La météo plutôt clémente
- Le véhicule de location
- Les logements
- Les étendues sauvages et la nature
- La faune locale : élans, rennes, renard roux, lagopèdes, dauphins…
Ce que nous avons moins aimé :
- La durée des vols
- Le manque de froid polaire
- L’absence d’aurores boréales
- La pluie à Skarsvåg
- Evidemment les prix comme l’essence sans plomb à 2,10 € avant la guerre au Moyen Orient et l’alimentation
- La froideur des norvégiens
- L’achat de moufles chauffantes de la marque norvégienne Heat Experience dont je m’aperçois la veille de rentrer en France qu’une batterie est HS… Après 4 mails au SAV, un mail à une association de défense des consommateurs Norvégienne et un mail à l’Intersport d’Hammerfest, personne ne m’a jamais répondu ! Evitez donc d’acheter des produits qui risquent de tomber en panne : les norvégiens se fichent pas mal des étrangers et des garanties.
































































































































































































































































































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